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Au moins 250 militaires américains resteront à la base aérienne d’Ain al-Asad en Irak afin de poursuivre la lutte contre l’organisation État islamique (EI), a annoncé le Premier ministre irakien aujourd’hui. Cette décision revient sur les plans initiaux de retrait complet des forces américaines de ce site militaire majeur.

Lors d’une conférence de presse à Bagdad, Mohammed Shia al-Sudani a précisé qu’une force composée de 250 à 350 conseillers militaires américains et de personnel de soutien resterait stationnée à Ain al-Asad, dans l’ouest de l’Irak, ainsi qu’à la base aérienne d’al-Harir au Kurdistan irakien. Le Premier ministre a également évoqué une « réduction progressive » des effectifs américains dans d’autres bases du pays.

« Ces personnels assisteront dans la surveillance et la coordination avec les forces américaines basées à al-Tanf, en Syrie, afin d’empêcher que l’EI profite de tout vide sécuritaire », a expliqué al-Sudani.

Le maintien de troupes américaines à Ain al-Asad constitue un revirement par rapport aux annonces précédentes indiquant un retrait total des forces américaines d’ici fin 2024. Le départ des militaires américains de cette base avait commencé en août dernier, selon plusieurs médias locaux, tandis que le commandement central des États-Unis (CENTCOM) avait confirmé l’opération en septembre. Conformément à l’accord bilatéral, la base devait être entièrement remise aux autorités irakiennes.

La base d’al-Tanf, située dans le sud-est de la Syrie, demeure l’un des principaux avant-postes américains dans ce pays.

Cette décision de maintenir une présence américaine a été prise en raison des « évolutions en Syrie », notamment la chute du régime Assad en décembre 2024, survenue après l’accord de retrait conclu entre les États-Unis et l’Irak.

Ain al-Asad est l’une des installations militaires majeures en Irak et a été largement utilisée par les forces américaines, tant pendant la guerre en Irak que dans la lutte contre l’EI. En 2020, la base avait été visée par des missiles balistiques en représailles à l’assassinat par les États-Unis du général iranien Qasem Soleimani, alors commandant des Gardiens de la révolution islamique.

Selon l’accord conclu à l’automne dernier, la première phase du retrait américain d’Irak devait s’achever fin septembre 2025, suivie d’une seconde phase courant jusqu’en 2026. Ce plan devait réduire les effectifs américains de 2 500 à moins de 2 000 soldats, principalement concentrés dans la région du Kurdistan irakien.

Les États-Unis collaborent étroitement avec les forces de sécurité irakiennes et leurs partenaires en Syrie dans le cadre de l’opération Inherent Resolve, qui vise à combattre l’EI dans les deux pays. Cette année, les forces américaines ont retiré des postes avancés en Syrie pour les confier à des groupes locaux. La semaine dernière, le chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenues par les États-Unis, a annoncé qu’un accord de principe avait été trouvé avec le nouveau gouvernement syrien pour intégrer les FDS dans les forces armées nationales syriennes.