Les marchés boursiers asiatiques affichent des tendances mitigées ce mercredi matin. Le gouvernement suédois a donné son feu vert à la mine de Gränna, destinée à extraire des terres rares. Par ailleurs, Saab a signé un contrat pour la livraison initiale de seize avions Gripen E neufs à l’Ukraine, pour une commande évaluée à près de 25 milliards de couronnes, dont les livraisons sont prévues entre 2029 et 2030. En Suède, l’emploi progresse et le nombre d’heures travaillées augmente davantage, malgré l’alerte lancée par Ebba Busch sur une crise énergétique qualifiée de la plus grave de l’histoire mondiale.
Les marchés européens et américains enregistrent des évolutions positives. La Bourse de Stockholm a de nouveau progressé hier, avec une hausse de +1,15 % pour l’OMXS30 et +1,06 % pour l’OMXSPI. Le cours de la couronne suédoise reste stable et faible, à 9,71 SEK pour un dollar américain et 11,08 SEK pour un euro. Le prix de l’or se maintient aussi autour de 1 241 SEK le gramme, témoignant d’un climat relativement calme. En parallèle, la ministre Ebba Busch multiplie les déclarations alarmistes sur la « pire crise énergétique de l’histoire mondiale ».
En Europe, les indices affichent également des gains : CAC 40 +0,44 %, DAX +1,50 %, FTSE 100 +0,12 % et Euronext 100 +1,33 %. Aux États-Unis, à l’approche du 250e anniversaire de l’Indépendance le 4 juillet, le S&P 500 monte de +0,79 % et le Nasdaq 100 de +1,68 %. Les valeurs technologiques (dites « angstfans ») sont en mouvement, avec SpaceX, l’entreprise la plus surévaluée en dollars de l’histoire, en hausse de +4,06 %, tandis que Netflix chute de 3,23 %. Certains analystes évoquent que si les sociétés de streaming se présentaient comme des acteurs de l’intelligence artificielle, leurs actions pourraient rebondir.
Dans la zone Asie-Pacifique, les indices évoluent de manière contrastée : ASX 200 -0,59 %, Hang Seng -0,63 %, KOSPI -1,17 %, Nikkei 225 +0,87 % et Straits Times +0,01 % au moment de la rédaction.
Feu vert pour la mine de terres rares à Gränna
Greenna Mineral a obtenu la concession d’exploitation pour des terres rares situées à proximité de Gränna, une décision entérinée par le gouvernement après plusieurs recours. Il convient de préciser que ces métaux ne sont pas réellement rares en termes de présence géologique, mais que ce qui est rare, ce sont les gisements exploitables où les concentrations permettent une extraction économiquement viable.
Ces métaux sont indispensables à la transition énergétique et à la technologie moderne, notamment dans les véhicules électriques, les éoliennes ou les panneaux solaires.
Les opposants à la mine avancent un argument majeur :
« S’il n’y a aucun danger pour le lac Vättern, pourquoi faut-il autant de temps pour ouvrir la mine ? »
La réponse semble tenir au fait que les recours juridiques retardent systématiquement le projet. En outre, les critiques contre l’exploitation minière insistent souvent sur le risque que les entreprises mettent la clé sous la porte avant de financer le nettoyage des sites, laissant le coût aux contribuables.
Malgré cela, Greenna Mineral envisage maintenant de rechercher des investisseurs, affirmant que l’intérêt est important et que la mise en production devrait intervenir dans quatre ans. Cette estimation est toutefois jugée trop optimiste, l’expérience montre qu’aucune exploitation minière junior n’a jamais respecté ses calendriers, qu’elle soit confrontée à des contestations locales ou non.
La transition écologique nécessite ces métaux essentiels. La domination chinoise sur ce secteur s’explique notamment par l’opposition locale dans les pays occidentaux à toute exploitation de ressources naturelles, particulièrement lorsqu’elles se situent sur leur territoire.
Il est ainsi fréquent que les matières premières soient extraites dans des pays en développement, souvent à travers des formes contemporaines de colonialisme économique, pour soutenir le mode de vie des pays riches. Ce mécanisme complique l’établissement d’industries d’extraction durable en Occident.
Contrat signé pour 16 Gripen E destinés à l’Ukraine
Le groupe Saab a officiellement signé le contrat pour la livraison de seize avions de combat Gripen E neufs à l’Ukraine, pour une valeur de 24,6 milliards de couronnes suédoises. Ce contrat sera comptabilisé au troisième trimestre de l’année et les livraisons sont planifiées entre 2029 et 2030. Ce projet est financé via les prêts consentis par l’Union européenne à l’Ukraine.
Le directeur général de Saab, Micael Johansson, a déclaré :
« Je suis profondément fier que la Suède et Saab puissent désormais permettre la fourniture du Gripen E à l’Ukraine, apportant un avion de combat de classe mondiale qui transformera les capacités de l’aviation ukrainienne. Cela renforcera considérablement la défense aérienne du pays et contribuera à protéger sa population et son avenir. »
Avant cette livraison, l’Ukraine recevra des Gripen C en soutien militaire de la part de la Suède, dont l’arrivée est prévue début 2027, après la formation du personnel ukrainien.
La signature du contrat étant attendue, cet événement ne devrait pas influer fortement sur le cours de l’action Saab, qui a progressé de 0,79 % hier, malgré une baisse significative depuis janvier, alors que le secteur de la défense a globalement augmenté.
Contexte boursier et secteur de la défense
La valeur Saab recule de 6,30 % depuis le début de l’année selon les données disponibles, tandis que le fonds Finserve Global Defence & Security affiche une progression de 8,39 %. Ce fonds détient 2,06 % de ses parts en actions Saab. Parmi ses principaux investissements figurent Rolls-Royce (3,89 %), Howmet Aerospace (3,89 %), Singapore Technologies (3,72 %), GE Aerospace (3,49 %), Kongsberg (2,83 %) et Rheinmetall (2,74 %).
Par ailleurs, le fabricant de chars Leopard, le consortium KNDS, a reporté son introduction en bourse. Le groupe juge la valorisation proposée de 12 milliards d’euros insuffisante, alors que la famille propriétaire, détentrice de 50 % du capital, refuse de céder à un prix inférieur à 12,5 milliards d’euros. Des valorisations comprises entre 18 et 20 milliards d’euros sont évoquées.
Selon le Financial Times, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte souligne que la remontée en puissance de l’OTAN en Europe génère 195 000 emplois américains, espérant ainsi maintenir l’intérêt de Donald Trump pour l’alliance.
Emploi et heures travaillées en hausse en Suède
Le nombre d’emplois en Suède a augmenté de 1,1 % en avril 2026 par rapport à avril 2025, et le volume global d’heures travaillées a progressé de 3,2 %, selon les statistiques de l’Office central de la statistique (SCB). Cette croissance de l’emploi intervient malgré les déclarations alarmantes d’Ebba Busch sur une crise énergétique sans précédent.
Les salaires ont également augmenté de 4,3 % sur un an, tandis que l’absentéisme pour maladie a légèrement diminué, passant à 1,7 %.
Ces indicateurs témoignent d’une reprise économique en Suède, malgré le climat anxiogène et le pessimisme persistant des ménages selon les enquêtes conjoncturelles. Il est important de considérer les faits et statistiques sans se laisser influencer par des discours émotionnels.
