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La Corée du Sud se trouve au cœur de demandes américaines inédites concernant son engagement militaire et son soutien en matière d’armement, au moment où les tensions s’intensifient sur plusieurs fronts, notamment en Ukraine et dans le détroit d’Hormuz.

Le gouvernement américain presse Séoul de déployer des troupes dans le détroit d’Hormuz pour contribuer à la sécurité maritime face aux tensions avec l’Iran, tout en demandant l’envoi de son système de défense aérienne Cheongung-II à l’Ukraine. Ces sollicitations simultanées posent question sur la ligne politique et les principes stratégiques de la Corée du Sud.

Historiquement, la Corée du Sud a déjà déployé des forces à l’étranger, notamment en soutien aux États-Unis au Vietnam et en Irak, toujours avec l’accord préalable de son Assemblée nationale. Or, l’actuelle situation semble précipitée, d’autant plus que le débat parlementaire sur l’éventuel déploiement dans le Golfe persique tarde à se cristalliser et que les exercices militaires communs avec les États-Unis viennent d’être réduits.

Les relations économiques et culturelles fortes entre Séoul et Téhéran compliquent encore la décision. L’Iran a fourni 13,2 % des importations pétrolières sud-coréennes en 2017, et près de 6 milliards de dollars iraniens restent gelés en Corée du Sud suite aux sanctions. Par ailleurs, la Chine et la Russie, parties prenantes majeures dans ces conflits, exercent une influence notable: la Chine est le principal acheteur de pétrole iranien et a déjà réagi à des décisions sud-coréennes jugées défavorables, tandis que la Russie menace de mesures de représailles en cas d’assistance militaire sud-coréenne à l’Ukraine.

Selon plusieurs sondages récents, une majorité de Sud-Coréens juge les demandes américaines injustifiées et critique la gestion de la question par le gouvernement. La population privilégie une participation multinationale encadrée plutôt qu’un engagement unilatéral.

Deux principes clés sont proposés pour encadrer la politique sud-coréenne :

  • Exiger une légitimité multilatérale: Toute opération militaire extérieure, notamment dans le détroit d’Hormuz, devrait s’appuyer sur une coalition reconnue ou une base légale internationale solide, comme une résolution de l’ONU, afin d’assurer la légitimité et la faisabilité du déploiement.
  • Établir un cadre légal rigoureux pour l’exportation d’armements: La Corée du Sud doit clarifier et codifier ses règles sur la vente de matériel militaire aux pays engagés dans un conflit, avec notamment une procédure de notification et d’objection impliquant l’Assemblée nationale. L’inspiration pourrait venir du dispositif historique américain dit Lend-Lease permettant de soutenir des alliés sans devenir co-belligérant.

Cette vision stratégique doit remplacer les décisions ad hoc actuelles afin de garantir la fiabilité de la Corée du Sud en tant qu’allié, préserver ses intérêts nationaux, et gérer avec prudence ses relations délicates avec les grandes puissances régionales et mondiales.

Sources : Warontherocks