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Des enquêtes récentes ont confirmé l’utilisation de drones Shahed-136 dans des attaques menées dans le nord du Mali, près de la frontière algérienne. Ces frappes ont touché les villages d’Inafarak et de Talahandak, selon un rapport fondé sur l’analyse de vidéos, d’images satellites et d’expertises spécialisées.

Cette investigation conjointe, menée par Bellingcat et Jeune Afrique, s’appuie sur des données géolocalisées, des vidéos partagées sur les réseaux sociaux et des images satellitaires à haute résolution, permettant de confirmer avec précision les lieux et l’ampleur des dégâts causés par les frappes. Parmi les débris retrouvés, les experts ont identifié des restes d’un moteur à piston MD-550, un composant caractéristique des drones du système Shahed.

Le drone Shahed-136, initialement développé en Iran, est désormais également produit en Russie. Conçu comme une munition à effet suicide, ce drone d’attaque à longue portée est une arme jetable, offrant une capacité de frappe à moindre coût sur des cibles distantes.

Ce type de drone ne peut pas ajuster sa trajectoire une fois lancé et dépend des renseignements préalables à l’attaque. Dans le contexte malien, où les groupes armés évoluent à proximité immédiate de populations civiles, toute erreur de ciblage augmente considérablement le risque de victimes civiles.

Soldats touareg maliens dans les rues de Gao

Des soldats touaregs maliens patrouillent dans les rues de Gao. Photo : AFP

Une violence en pleine intensification

Depuis une série de coups d’État récents, les relations militaires entre le Mali et la Russie se sont renforcées, après le retrait des forces françaises et de l’ONU. Initialement, le Mali s’est appuyé sur le groupe paramilitaire russe Wagner, avant de voir l’émergence de son successeur, Africa Corps, pour conduire des opérations contre les groupes djihadistes et les séparatistes touaregs.

Selon le centre de surveillance des conflits ACLED, les frappes de drones représentent désormais une cause majeure de mortalité civile au Mali. En juin dernier, Human Rights Watch a dénoncé l’action d’Africa Corps, accusé d’avoir tué huit civils, dont trois enfants, lors de raids aériens effectués en coordination avec l’armée malienne.

Le rapport d’ACLED révèle que les forces maliennes et les groupes paramilitaires russes auraient causé la mort de 918 civils en 2025, soulignant la gravité de la situation sécuritaire dans le pays.