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Plus de 200 aviateurs du 368e Escadron de formation de l’Armée de l’air ont passé la journée du 27 février à Fort Leonard Wood, dans le Missouri, pour s’initier aux systèmes aériens sans pilote (UAS) lors d’un exercice visant à renforcer l’esprit aérien et l’éthique du combattant.

Basé à Fort Leonard Wood, ce escadron de formation dispense des compétences initiales et avancées dans les domaines du transport terrestre, du génie, de la gestion des urgences ainsi que des équipements de voirie et de construction.

Une formation interdisciplinaire

Selon le sergent technique Christopher Moss, instructeur spécialisé rattaché à cette unité, les aviateurs issus des différentes écoles spécialisées de la base s’entraînent habituellement de manière isolée. Ce jour-là, toutefois, ils ont été réunis afin de favoriser leur intégration.

« Cela leur permet de travailler ensemble, unissant leurs expertises plutôt que d’apprendre uniquement leur spécialité, » a expliqué le sergent Moss. « L’objectif est de former des aviateurs plus polyvalents et mieux préparés. »

Le capitaine Nathan Elking, directeur des opérations du 368e Escadron, a précisé que cette initiative de formation, baptisée Bracer Forge, constitue un exercice d’aptitude opérationnelle.

« Il s’agit d’une extension de l’entraînement reçu lors du stage de base, » a-t-il précisé. « Ces exercices visent à cultiver l’esprit aérien et le sens du guerrier chez nos aviateurs. »

Un focus sur les drones et la réparation des pistes

Les thématiques du programme varient selon les sessions, mais cette édition privilégiait les systèmes aériens sans pilote en raison des spécialités concernées. Ces systèmes jouent un rôle essentiel dans l’évaluation des dommages subis par les pistes et leur réparation rapide, a expliqué le capitaine Elking.

« Avant chaque édition de Bracer Forge, nous fournissons aux participants un ordre d’opération et un scénario d’entraînement portant sur la récupération d’un aérodrome endommagé, » a-t-il ajouté.

Les instructeurs du 368e Escadron ont mis en place quatre ateliers successifs que les aviateurs ont dû effectuer en rotation.

Des ateliers complémentaires

Lors du défi d’évaluation des dégâts, les équipes ont examiné une zone d’atterrissage simulée et transmis leurs observations à leurs collègues situés dans un centre d’opérations d’urgence (COU).

Les opérateurs du COU devaient ensuite élaborer une carte détaillée de l’aérodrome à partir des informations radio reçues.

Au poste de rapport sur l’activité UAS, les équipes ont installé des positions défensives et centralisé leurs observations sur les vols de drones pour en faire un rapport transmis au COU.

Les deux autres stations comprenaient un exercice physique intense et une présentation sur les capacités des drones. Cette dernière partie était assurée par des soldats de la Combat Training Company du Maneuver Support Center of Excellence.

« Nous ne sommes pas experts en contre-mesures ou en emploi tactique des UAS. La collaboration avec l’Armée de Terre, via ce centre d’excellence, a été déterminante pour la réussite de l’exercice, » a reconnu le capitaine Elking.

Le sergent-chef Austin Priebe, responsable UAS de la Combat Training Company, était chargé d’introduire les menaces liées aux petits drones et d’enseigner les bases pour les identifier, réagir et reporter leur présence.

« La plupart des stagiaires ont déjà piloté un drone en simulation ou en jeu vidéo, mais pouvoir observer un drone réel de près est indispensable pour préparer les militaires aux conflits actuels et futurs, » a expliqué le sergent-chef Priebe.

Des exercices pratiques ont ainsi porté sur la détection des petits UAS, la rédaction de rapports et l’observation depuis un point élevé.

Une première collaboration interarmées

C’était la première fois que cette unité assurait une formation UAS interarmées.

« Je me suis principalement consacré à former les unités de l’Armée de Terre de Fort Leonard Wood depuis le lancement de notre programme UAS l’automne dernier, » a ajouté le sergent-chef Priebe.

« Comme le champ de bataille évolue rapidement, nos besoins en formation évoluent aussi. En proposant un entraînement réaliste et approfondi à nos partenaires d’autres armées, l’ensemble des forces en sort renforcé. »

Son équipe envisage d’organiser davantage de sessions de formation interarmées.

Une source d’innovation

Pour le capitaine Elking, cet exercice est également un vecteur d’innovation.

« En exposant nos aviateurs à la double facette des UAS — à la fois menace à contrer et outil à maîtriser — nous les incitons à repenser leurs missions et à développer de nouvelles solutions pour le champ de bataille moderne, » a-t-il conclu.