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Huit entreprises de technologie de défense spécialisées dans les environnements électromagnétiques contestés ont achevé la première phase du programme d’accélération DIANA de l’OTAN, via son antenne britannique. Elles ont présenté leurs systèmes lors d’une journée de démonstration réunissant des responsables militaires, acteurs industriels et investisseurs à la Defence Academy du Royaume-Uni.

La cohorte britannique 2026, pilotée par Janus Allies, l’accélérateur britannique du Defence Innovation Accelerator for the North Atlantic (DIANA) de l’OTAN et partenaire de livraison désigné au nom de UK Defence Innovation, a passé six mois à collaborer étroitement avec les utilisateurs finaux, mentors du secteur de la défense et commercial, ainsi que des partenaires, afin d’affiner des technologies répondant aux priorités opérationnelles du Royaume-Uni et de ses alliés.

Le dénominateur commun de cette cohorte est le spectre électromagnétique, domaine des signaux, des liaisons satellitaires et des communications, sur lequel repose chaque capability moderne et que les adversaires cherchent aujourd’hui à perturber activement et exploiter. Cette menace se manifeste notamment par le brouillage systématique du GPS autour des frontières de l’OTAN ou les cas avérés de leurre et d’interférences observés dans le cadre du conflit en Ukraine.

Les technologies présentées couvrent plusieurs domaines clés : la guerre électronique, les communications résilientes et les systèmes avancés de positionnement. Parmi elles, on compte la plateforme américaine de guerre électronique aérienne de CX2 utilisant un drone de détection RF pour localiser en temps réel des émetteurs, le traitement radar large bande avec contrôle RF adaptatif et formation de faisceau numérique de Slipstream Design, ou encore le système de positionnement alternatif de Tern AI offrant une navigation indépendante du GPS. SDQ Solutions Canada a montré sa détection en temps réel des menaces RF et sa technologie anti-spoofing quantique pour la navigation satellitaire. Le démonstrateur de communications basse consommation par nanosatellite de FOSSA a été testé via un lien satellitaire en direct. La société française Oledcomm a mis en avant ses liaisons drone-véhicule LiFi sans émission d’ondes radio. AMA Defence d’Estonie a présenté ses nanorevêtements protecteurs pour systèmes autonomes, tandis que Testnor a proposé des environnements de test GNSS-dégradés pour valider les équipements dans des conditions difficiles.

Le Major-général Peter Rowell, Directeur général et Commandant de la Defence Academy, a souligné lors de l’événement : « Le conflit évolue rapidement, et nos adversaires adaptent et déploient déjà des capacités en temps réel. Le défi pour le Royaume-Uni et l’Alliance atlantique n’est pas un manque d’innovation, mais notre capacité à transformer les idées en actions concrètes. Cela relève fondamentalement du leadership. L’avantage dépendra des dirigeants capables de prendre des décisions rapidement, de bâtir la confiance entre nations et secteurs, et d’intégrer de nouvelles capacités sous pression. Des initiatives comme DIANA sont cruciales, mais c’est avant tout la confiance et la solidité de nos relations qui détermineront la rapidité avec laquelle nous passerons de l’innovation à l’effet opérationnel. »

Ryan Benitez, Directeur commercial de NATO DIANA, a mis en avant le Rapid Adoption Service de l’Alliance comme un mécanisme clé pour rapprocher technologie et acquisition. « La technologie évolue à grande vitesse, alors que l’adoption dans la défense a historiquement pris des années. NATO DIANA existe précisément pour combler cet écart », a-t-il expliqué. « De nombreux innovateurs ont obtenu leur premier contrat directement grâce à ce programme. NATO DIANA a été conçu pour accélérer le déploiement des technologies prometteuses, et nous constatons désormais des résultats concrets. »

Tanya Suarez, fondatrice et PDG d’IoT Tribe et partenaire principale du consortium Janus Allies, a souligné que « sécuriser l’alliance face aux menaces électromagnétiques émergentes ne relève pas d’une entreprise unique cherchant un contrat ou un investissement, mais de la création d’un réseau de leaders technologiques en constante évolution pour relever de nouveaux défis. » James Gavin, Directeur adjoint de UK Defence Innovation, a ajouté : « La majorité des technologies qui définiront la prochaine décennie de la défense existent déjà, que ce soit en laboratoire, dans une startup ou une université. Il reste à créer l’environnement permettant aux innovateurs de transformer une technologie prometteuse en un outil fiable pour le soldat, le marin ou l’aviateur. C’est précisément le progrès que le programme NATO DIANA accélère. »

Par ailleurs, 21 autres entreprises basées au Royaume-Uni et participant à l’ensemble du programme NATO DIANA 2026 ont également été mises en lumière lors de cet événement. Elles interviennent dans des domaines variés tels que les communications avancées, l’autonomie, l’analyse de données, les infrastructures critiques, les systèmes énergétiques, la résilience humaine et les opérations spatiales.

Les sociétés sélectionnées pourront poursuivre vers la phase suivante du programme, qui comprend un développement technique approfondi, des expérimentations et un engagement renforcé avec les utilisateurs finaux. UK Defence Innovation, organisation porteuse de l’accélérateur Janus, centralise l’innovation en matière de défense au sein du National Armaments Director Group du ministère de la Défense britannique, structure essentielle au plan d’investissement de la défense pour transférer les technologies du concept jusqu’au front à la vitesse exigée.