Opération Epic Fury, lancée officiellement par le Département de la Défense américain le 28 février, constitue l’engagement militaire des États-Unis dans le conflit contre l’Iran. Pourtant, la mission reste enveloppée de secret, le Pentagone ayant classé sa déclaration d’objectif officiel, selon un rapport du Bureau de l’Inspecteur général du Département de la Défense adressé au Congrès.
Le conflit, qui a déjà causé 18 morts et plus de 750 blessés parmi les forces américaines, a vu des phases de cessez-le-feu rapidement rompus par des hostilités renouvelées. Le bilan matériel est également lourd, avec des centaines de bâtiments endommagés sur des bases américaines au Moyen-Orient — notamment au Koweït, Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie — ainsi que de nombreuses pertes aériennes : jusqu’à 30 drones Reaper détruits ou endommagés, 12 KC-135, 4 F-15E, 4 hélicoptères AH-6 et un F-35A.
Concernant les objectifs de l’opération, les déclarations publiques ont varié. Pete Hegseth, secrétaire à la Défense adjoint, a évoqué la destruction des armes et infrastructures iraniennes pour empêcher le pays d’acquérir l’arme nucléaire. De son côté, le général Dan Caine, président des chefs d’État-major, a parlé d’une volonté de protéger les forces américaines tout en cherchant à « perturber, dégrader, refuser et détruire la capacité de l’Iran à conduire et soutenir des opérations de combat ».
Le rapport de l’Inspecteur général note par ailleurs une évolution constante de la mission depuis son début, ce qui complique la définition précise des objectifs. Par ailleurs, des confusions existent sur la continuité ou la fin de cette opération : certains responsables ont annoncé une fin à début mai, tandis que le Pentagone aurait recommandé d’éviter la mention d' »Operation Epic Fury » pour désigner l’engagement américain.
Sur le plan financier, les coûts durant les quatre premiers mois suivant le lancement ont été estimés à 33,4 milliards de dollars. Ce montant inclut 7,4 milliards pour les opérations de contingence, 22,3 milliards en munitions utilisées, et 3,7 milliards en pertes d’équipements. Toutefois, ces chiffres sont partiels et difficiles à consolider, d’autant que le Congrès n’a pas alloué de budget spécifique à cette opération et que les forces ont dû rediriger des fonds initialement prévus pour d’autres activités comme la formation ou la maintenance.
