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Sur le front oriental de l’Ukraine, les forces russes ont consolidé leurs gains territoriaux au cours des quatre dernières semaines, notamment autour des villes de Lyman et Siwersk, près de la frontière entre les oblasts de Louhansk et Donetsk, ainsi qu’au sud-est, le long de la limite de l’oblast de Dnipropetrovsk. En revanche, l’armée ukrainienne a réussi à repousser des infiltrations ennemies au nord de la ville assiégée de Pokrovsk et à stopper temporairement l’avancée russe dans cette zone.

Progressions russes sur plusieurs axes

Au nord de Siwersk, les forces russes ont pris le contrôle d’une zone boisée, leur permettant ainsi de redresser leur ligne de front, tandis qu’au sud, après la conquête de plusieurs localités, un encerclement localisé menace. Une zone immédiatement au nord de la ville reste toutefois disputée. Près de Lyman, les troupes russes ont déjà franchi la rivière Scherebezk à hauteur de Torske, à l’est, et progressé également depuis le nord. Plus au nord, des combats ont éclaté dans la périphérie de Koupiansk.

L’Ukraine défend ses positions au sol, mais reste offensive dans les airs

Dans l’oblast de Dnipropetrovsk, non officiellement revendiqué par la Russie, l’Ukraine a évacué de nombreuses localités en raison de l’avancée russe, mais a réussi à reprendre un village occupé. Le long de la frontière russo-ukrainienne au nord-est, des contre-attaques mutuelles ont été constatées localement. Au sud, les forces russes ont consolidé leur contrôle à proximité de l’ancien réservoir de Kakhovka. En revanche, la situation autour de Kostiantynivka, enserrée et située au centre du front, demeure globalement stable.

Les plus grandes réussites ukrainiennes se manifestent dans le domaine aérien, avec l’utilisation étendue de drones à longue portée et de missiles de croisière. Les installations en Crimée, occupée par la Russie, ainsi que des infrastructures majeures de l’industrie pétrolière et gazière russe, ont été visées à jusqu’à 2 000 kilomètres de la ligne de front. Après une estimation de 17 à 24 % de la capacité nationale de raffinage russe hors service le mois précédent, ce taux est désormais évalué entre 21 et 40 %.

Appui américain renforcé

Si le secteur civil subit encore principalement les pénuries régionales en carburant, la Russie a instauré une interdiction d’exportation et envisage désormais d’importer de l’essence, une mesure inédite pour l’un des principaux producteurs mondiaux de pétrole brut. Cette situation risque de peser lourdement sur ses finances, en combinant manque à gagner et coûts supplémentaires. Par ailleurs, l’impact des sanctions occidentales sur les pièces détachées, ainsi que l’aide américaine accrue depuis l’été — notamment par des renseignements détaillés — aggravent la situation russe.

Depuis plusieurs mois, le président américain Donald Trump envisage publiquement de livrer des missiles de croisière Tomahawk à l’Ukraine. Bien que leur portée ne soit pas supérieure aux capacités actuelles ukrainiennes, ces missiles renforceraient significativement la puissance de frappe ukrainienne. Cette annonce sert aussi de message politique, exprimant le mécontentement américain face à l’absence de progrès dans les négociations avec la Russie, notamment après les échanges entre Trump et le président Vladimir Poutine à Anchorage en Alaska en août dernier, où ce dernier avait laissé entrevoir une possible ouverture.

Un nouvel élan pour mettre fin au conflit ?

Le Kremlin a depuis affirmé que le « momentum » dégagé par cette rencontre est désormais épuisé. En réalité, la Russie a elle-même contribué à cet enlisement en intensifiant les attaques par drones et missiles contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes et en refusant de négocier pendant ses avancées au sol. Récemment, des rapports ont également signalé une baisse de l’efficacité des systèmes de défense anti-aérienne américains Patriot face aux missiles russes Iskander et Kinzhal, suite à des modifications de leurs logiciels de contrôle, réduisant leur taux d’interception de 40 % à environ 6 % par missile.

Cette faiblesse temporaire risque de renforcer la détermination russe. Un sommet entre Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky est prévu ce vendredi à Washington pour discuter de la suite des opérations. Zelensky tentera probablement de s’appuyer sur le succès récent de Trump en tant que médiateur dans la résolution du conflit à Gaza pour encourager des mesures plus énergiques dans le dossier ukrainien.

Stefan Axel Boes