La défense aérienne, sous toutes ses formes, demeure la priorité absolue pour l’Ukraine, a déclaré un haut responsable militaire de l’OTAN, qui a exposé les cinq axes de capacité jugés les plus urgents par Kiev.
En marge de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, ce responsable a expliqué que ces besoins reposaient sur l’expérience directe du champ de bataille ukrainien et reflétaient ce que le pays estime nécessaire « pour protéger sa population, soutenir les opérations de combat, régénérer sa puissance de feu et développer ses capacités futures ».
En tête de liste figure la défense aérienne, avec un besoin « de toutes les formes de défense aérienne », allant des intercepteurs de haut niveau aux canons anti-drones, en passant par les capteurs, les systèmes de commandement et de contrôle et la guerre électronique. La menace est multiple et « la défense doit être » elle-même stratifiée, a insisté le responsable.
En deuxième position, les drones et les systèmes d’armes à longue portée. Il a souligné qu’il ne s’agissait pas seulement de livrer plus de drones, mais d’accompagner un écosystème complet incluant des drones intercepteurs, des véhicules terrestres sans pilote, des systèmes d’attaque unidirectionnels à longue portée, ainsi que des logiciels, des formations, de la production et du maintien en condition opérationnelle.
Le troisième point concerne les munitions d’artillerie. Le combat reste très dépendant de l’artillerie traditionnelle, complétée désormais par les capacités offertes par les drones. Ainsi, les besoins portent sur des obus à longue portée, des munitions de roquettes, des munitions air-sol et des composants énergétiques. Ces derniers, souvent moins visibles que les plateformes majeures, restent « essentiels » et comprennent mines, propulseurs explosifs et matériaux énergétiques recyclés qui soutiennent la production ukrainienne.
Enfin, la cinquième priorité identifiée est la guerre électronique, considérée aujourd’hui comme centrale pour la survie et l’efficacité au combat. Elle permet de protéger les forces, de perturber les drones ennemis et d’influencer la réussite des frappes à longue distance.
Le responsable a présenté ces cinq priorités comme un ensemble interconnecté, et non comme une simple liste d’équipements. Il a averti que fournir des plateformes sans assurer leur maintien en condition opérationnelle ne produit que des effets temporaires, tandis que les capacités sans formation ont un impact limité. Il a également souligné que traiter chaque besoin séparément conduirait à « manquer la façon dont la puissance de combat moderne se construit réellement ».
