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La Grèce a approuvé ce jeudi l’achat à Israël du système de défense anti-missiles, anti-aérien et anti-drones « Achilles Shield » pour un montant de 2,8 milliards d’euros (soit environ 3,1 milliards de dollars), a indiqué une source du ministère de la Défense. Cette acquisition s’inscrit dans un plan global de dépenses militaires de 4,2 milliards d’euros (4,8 milliards de dollars) incluant également des aéronefs de transport C-390 Millennium, des drones Heron, des missiles pour hélicoptères Apache, des navires furtifs Victa et des systèmes sonar pour frégates.

« L’approbation du système Achilles Shield a été actée lors d’une réunion du Conseil grec des affaires étrangères et de la défense (KYSEA), présidée par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis », a précisé la source, qui a souhaité conserver l’anonymat dans l’attente d’une annonce officielle.

Selon un document ministériel, les industriels de défense grecs contribueront à hauteur de 700 millions d’euros (environ 795 millions de dollars) au projet du dôme défensif.

Le système israélien de défense aérienne, notamment son célèbre « Iron Dome » qui intercepte des roquettes à courte portée, a démontré son efficacité lors du conflit en cours au Moyen-Orient, en interceptant de nombreux projectiles.

La Grèce consacre traditionnellement au moins 2 % de son produit intérieur brut à la défense, en raison des tensions récurrentes avec son voisin régional, la Turquie. Elle cherche à renforcer sa position sur la frontière orientale de l’Union européenne en Méditerranée, non loin des zones de conflit du Moyen-Orient.

Près de 3 % de son PIB est désormais alloué aux dépenses militaires.

Sous le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis, la Grèce a entrepris une modernisation importante de ses forces armées, avec un investissement initial dans des frégates françaises Belharra et des avions de chasse Rafale.

Athènes a commandé quatre frégates de défense et d’intervention Belharra et a déjà acquis 24 Rafale.

Lors d’une visite en avril du président français Emmanuel Macron, la Grèce et la France ont renouvelé un accord de coopération militaire datant de 2021, qui a permis la concrétisation de ces achats d’armes.

« Si votre souveraineté est menacée, nous serons à vos côtés », avait souligné Emmanuel Macron en visitant la frégate Kimon, la première Belharra livrée à la Grèce.

Les acquisitions supplémentaires annoncées jeudi comprennent aussi les avions de transport C-390 Millennium d’origine brésilienne et des navires furtifs Victa pour les forces spéciales britanniques. Ces derniers seront principalement construits dans les chantiers navals grecs de Skaramangas.

Athènes a également signé un accord pour l’achat de 20 avions de chasse F-35 américains.

En 2025, le Premier ministre Mitsotakis avait annoncé un plan de dépenses militaires de 25 milliards d’euros (28,4 milliards de dollars) sur 12 ans.

Le dirigeant conservateur, qui doit faire face à des élections au printemps prochain, qualifie ce programme de « réorganisation la plus drastique » des forces armées grecques de l’époque moderne.

Le ministère de la Défense a souligné l’importance d’intégrer les enseignements du conflit en Ukraine afin de moderniser les forces armées et d’adapter la stratégie aux défis du XXIe siècle.