La Lituanie souhaite s’intégrer pleinement à la dissuasion nucléaire occidentale face à la Russie, en envisageant de supprimer l’interdiction constitutionnelle sur le déploiement d’armes atomiques sur son sol.
Lors d’une conférence de presse à Berlin, le président Gitanas Nausėda a annoncé que son pays engageait une procédure pour lever cette interdiction et a déclaré : « Nous souhaitons être une partie intégrante de cette dissuasion nucléaire. »
« Il y a quelques jours, j’ai lancé une initiative visant à modifier la constitution afin de supprimer la restriction actuelle sur le déploiement potentiel d’armes nucléaires en Lituanie », a-t-il ajouté.
Peu après, un groupe de 50 parlementaires lituaniens a soumis un amendement, qui doit encore être examiné par le Parlement.
Cette modification constitutionnelle requiert deux votes favorables de 94 députés sur 141, avec un délai d’au moins trois mois entre chacun.
Dans la même dynamique, le Parlement finlandais a voté en juin pour lever son interdiction totale sur les armes nucléaires, afin d’aligner sa politique sur celle de l’OTAN, à laquelle le pays a adhéré en 2023.
Cette législation permettra le transport, l’approvisionnement et la possession d’armes nucléaires en Finlande lorsque la défense militaire l’exigera.
De son côté, la Pologne, autre pays situé sur le flanc est de l’OTAN, a récemment manifesté son intérêt pour rejoindre le programme américain de « partage nucléaire » ainsi que l’initiative de « dissuasion avancée » dévoilée cette année par le président Emmanuel Macron.
En revanche, la Lettonie et l’Estonie restent plus prudentes vis-à-vis d’éventuels accords bilatéraux nucléaires, estimant que les garanties prévues par le Traité de l’Atlantique Nord suffisent à leur sécurité.
Membre de l’OTAN et de l’UE, la Lituanie, qui partage des frontières avec la Russie et son allié proche, la Biélorussie, a renforcé sa priorité sur la sécurité et la défense depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou en 2022.
Elle figure parmi les pays de l’Alliance les plus engagés financièrement, consacrant plus de 5 % de son PIB à la défense chaque année depuis 2024. La Lituanie accueille également un bataillon multinational de l’OTAN, avec une brigade permanente pouvant compter jusqu’à 5 000 soldats allemands.
