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La Russie a officiellement inscrit la Finlande sur sa liste des cibles nucléaires potentielles, suite à l’adoption par le pays nordique d’une loi autorisant l’importation d’armes nucléaires sur son territoire.

Cette décision a été annoncée par Dmitry Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, qui a vivement critiqué le choix d’Helsinki. Cette réforme législative s’inscrit dans un ensemble de modifications juridiques accompagnant l’intégration de la Finlande au sein de l’OTAN, dans la continuité de son adhésion en 2023.

Dmitry Medvedev a par ailleurs déclaré via un message sur les réseaux sociaux : « La Finlande a levé son interdiction d’héberger des armes nucléaires. Quelle différence cela fait-il pour les Finlandais ? Une petite chose : leur pays figure désormais sur la liste des cibles nucléaires russes. Félicitations, Finlande, vous avez atteint le sommet de la sécurité ! »

La nouvelle ordonnance abroge une politique datant de la Guerre froide, qui interdisait strictement la possession, la fabrication, la vente et la mise à feu d’explosifs nucléaires sur le sol finlandais.

Elle instaure également une responsabilité rigoureuse en matière d’activités liées aux armes nucléaires, tandis que toute motivation terroriste sera poursuivie dans le cadre des lois en vigueur.

Au-delà de la mise en conformité avec les cadres juridiques de l’OTAN, Helsinki a souligné que cette mesure vise à renforcer la dissuasion dans un contexte régional marqué par une dégradation de la sécurité.

Réactions

En réponse à cette réforme nucléaire finlandaise, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a confirmé que Moscou réagira par des « mesures politiques et politico-militaires », avertissant que cette décision pourrait exacerber les tensions dans les régions de la Baltique et de l’Arctique.

« À cet égard, le peuple finlandais doit se demander si cette décision de leur élite politique rendra la Finlande plus sûre », a-t-elle déclaré.

Cette législation a également suscité la critique d’associations anti-nucléaires. Melissa Parke, directrice exécutive de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), basée en Suisse, estime que ce changement rend la Finlande « plus exposée » plutôt que plus protégée.

« La Finlande est située à proximité immédiate de la Russie », a rappelé Melissa Parke. « Pendant quatre décennies, le pays s’est protégé non pas en répondant à la menace par la menace, mais en refusant d’escalader la situation. »

« Cette tradition délibérée de retenue a servi la population finlandaise pendant la Guerre froide et au-delà. Aujourd’hui, le Parlement a abandonné cette tradition », a-t-elle ajouté.