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Le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, prévoit une décision début 2025 concernant l’achat prévu de quatre nouvelles frégates. Le gouvernement attend actuellement les recommandations de l’Agence suédoise des acquisitions de matériel de défense (FMV) et des forces armées, suite à une étude des options disponibles, a-t-il déclaré lundi après une rencontre avec sa collègue française Catherine Vautrin.

Les deux ministres ont évoqué le programme suédois de frégates ainsi que l’intérêt de la France pour l’avion de surveillance et de contrôle aéroporté GlobalEye de Saab, sans oublier l’aide militaire à l’Ukraine, lors d’une conférence de presse tenue à Stockholm. Catherine Vautrin a indiqué que la France pourrait fournir une frégate entièrement équipée et armée dès 2030, échéance fixée par la Suède pour les premières livraisons.

« Nous étudions les frégates disponibles qui correspondent à notre calendrier ambitieux », a déclaré Pål Jonson. Il a précisé que la FMV avait réalisé une étude de marché mais qu’aucune décision n’avait encore été prise. « L’objectif est d’avoir idéalement deux frégates pour 2030, puis deux autres d’ici 2035 ».

Le volet défense aérienne de ces nouvelles frégates sera également déterminant, constituant une étape importante pour la Suède vers une intégration dans le programme intégré de défense aérienne et antimissile de l’OTAN, a souligné le ministre.

En mai 2024, la Suède avait annoncé un changement dans ses plans d’acquisition de navires de combat de surface : la FMV a précisé que les futurs bâtiments seraient plus grands que les corvettes actuelles de la classe Visby, et le pays se montre prêt à considérer des designs standardisés plutôt qu’une solution entièrement nationale.

En octobre, la France a proposé à la Suède la frégate FDI (Frégate de Défense et d’Intervention) du groupe Naval, accompagnée d’une ouverture à une collaboration avec l’industrie militaire suédoise, notamment Saab, a indiqué Catherine Vautrin. Ce projet représente une nouvelle opportunité pour Naval Group de vendre sa frégate au design caractéristique avec une étrave inversée, après que la Norvège a préféré au début de l’année la frégate britannique de type 26, plus grande, au détriment du modèle français.

La frégate FDI se concentre principalement sur les capacités antiaériennes, dotée du radar Thales Sea Fire conçu pour la défense aérienne à longue portée et équipée de 16 à 32 cellules de lancement vertical pouvant tirer les missiles MBDA Aster 15 et 30. En comparaison, la principale mission de la frégate de type 26 est la lutte antisubmarine.

La Marine française a réceptionné en octobre sa première frégate FDI, l’Amiral Ronarc’h, première unité d’une série de cinq prévues. Début juin, la Marine hellénique a signé un contrat pour une quatrième frégate FDI, en complément des trois bâtiments déjà en construction.

Catherine Vautrin a annoncé que l’Amiral Ronarc’h doit effectuer une visite au port suédois de Göteborg au début de l’année prochaine.

D’autres candidats sont en lice pour ce projet, dont la frégate espagnole de Navantia et un modèle britannique proposé par Babcock en partenariat avec Saab.

La frégate FDI du groupe Naval mesure 122 mètres de long pour un déplacement d’environ 4 500 tonnes, ce qui la situe en dessous de la taille des frégates de nouvelle génération actuellement en construction ou en projet en Espagne, aux États-Unis, en Italie ou en Allemagne.

Les nouvelles frégates, baptisées classe Luleå, seront les plus grands bâtiments de guerre de surface jamais déployés par la marine suédoise et bénéficieront d’une durée de vie opérationnelle estimée à 40 ans.

Rudy Ruitenberg