Le 31 août 2026, la Suède a signé un contrat d’environ 4,3 milliards d’euros avec le constructeur naval français Naval Group pour l’acquisition de quatre frégates de défense et d’intervention (FDI). Ce contrat a été conclu lors de la visite du président français Emmanuel Macron à Stockholm.
Ces unités, qui porteront la dénomination de classe Luleå, sont basées sur le design FDI de Naval Group déjà produit pour la France (classe Amiral Ronarc’h) et la Grèce (classe Kimon), mais adaptées aux exigences spécifiques suédoises. La livraison de la première frégate est prévue pour 2030, suivie des trois autres entre 2032 et 2034 (HMS Luleå en 2030, HMS Norrköping en 2032, HMS Trelleborg en 2033, HMS Halmstad en 2034).
Ces frégates de 4 300 à 4 500 tonnes et d’environ 122 mètres de long combineront des capacités avancées de guerre antiaérienne, antisurface, antisous-marine et de surveillance à longue portée, ce qui tripliera la capacité de défense aérienne navale suédoise.
Leurs équipements comprendront des systèmes de défense aérienne de pointe, notamment les missiles sol-air Aster, incluant la famille Aster 30 à longue portée, soutenus par des radars modernes et un système de gestion de combat permettant de détecter, suivre et neutraliser diverses menaces, telles que avions de combat, missiles de croisière, drones et certains missiles balistiques. Cette avancée est jugée essentielle pour la sécurité suédoise, surtout dans le contexte d’une situation internationale dégradée et des tensions accrues dans la mer Baltique.
Les navires seront aussi équipés d’armes suédoises domestiques, telles que les missiles antinavires RBS 15, des torpilles légères, les radars Giraffe 1X, les stations d’armes téléopérées Trackfire, ainsi que des canons navals de 57 mm et 40 mm fournis par BAE Systems Bofors.
Le contrat inclut également la fourniture d’équipements complémentaires dont des torpilles et missiles de croisière, ainsi que la formation des équipages et la mise en place des infrastructures de maintenance et des systèmes de commandement nécessaires pour exploiter pleinement ces plateformes sophistiquées.
Ce nouvel investissement stratégique permettra à la Suède non seulement d’améliorer sa propre capacité de défense contre les menaces aériennes et balistiques, mais aussi de contribuer significativement à la dissuasion maritime de l’OTAN, notamment dans la région de la Baltique, et de renforcer la protection des voies maritimes stratégiques face aux risques liés à la proximité de la Russie.
Lors de la compétition, Naval Group avait affronté deux autres propositions : Babcock avec Saab et leur frégate Arrowhead 120, ainsi que la société espagnole Navantia avec sa frégate ALFA 4000. L’expérience de Naval Group avec une ligne de production mature de la FDI, déjà en service, a joué un rôle déterminant dans le choix suédois.
Le ministre suédois de la Défense, Pål Jonson, a souligné que ce programme marquait un changement majeur pour le pays, passant d’une défense côtière traditionnelle vers une marine capable de soutenir des opérations de défense aérienne et antimissile à haute intensité.
