Depuis plusieurs années, l’armée grecque cherche à moderniser ses capacités d’infanterie mécanisée, notamment après l’abandon dans les années 2000 du projet du véhicule de combat d’infanterie Kentauros, confié au constructeur automobile ELVO. Plusieurs options sont désormais à l’étude.
Le premier plan envisage de moderniser 500 véhicules blindés M-113 d’origine américaine grâce au groupe israélien Rafael, en partenariat avec le fabricant local METKA. Selon le site spécialisé On Alert, en décembre 2024, cette rénovation inclurait l’installation d’une tourelle téléopérée équipée d’un canon de 30 mm, un blindage renforcé, un moteur plus puissant, ainsi que des systèmes optroniques et de communication de dernière génération.
Une autre piste serait l’acquisition de véhicules de combat d’infanterie neufs ou d’occasion auprès de KNDS France. Pour renforcer sa proposition, le constructeur français a développé la version « Filoctetes » de son véhicule, répondant aux besoins spécifiques de l’armée grecque. En avril dernier, KNDS a également noué des partenariats avec plusieurs entreprises locales, telles que le groupe METLEN Energy & Metals.
Enfin, une solution porte sur le KF-41 « Lynx » de Rheinmetall. Berlin vient ainsi de soumettre une offre attractive à Athènes, selon le site grec Defence Review.
D’après cette source, la proposition allemande comprend la livraison de 400 véhicules de combat d’infanterie, dont 205 KF-41 Lynx neufs et 200 exemplaires du Marder 1A3 provenant du parc de la Bundeswehr. Ces derniers seront remplacés par des véhicules Puma. Cette offre prévoit également l’implication de l’industrie grecque à hauteur de 25 % via la création d’une ligne de production sur le sol grec.
« Pour rendre cette offre particulièrement attrayante », indique Defence Review, Rheinmetall propose au ministère grec de la Défense « un plan d’amortissement à long terme » pour faciliter le financement de ce programme dont le coût dépasse les 2 milliards d’euros.
Par ailleurs, KNDS Deutschland et Rheinmetall envisagent de collaborer avec le groupe grec EODH pour moderniser les chars Leopard 1 et Leopard 2 de l’armée hellénique.
Selon Defence Review, des entreprises allemandes travaillent actuellement sur une nouvelle proposition intégrant des solutions innovantes destinées à l’armée grecque, en partenariat avec EODH. Le coût de cette modernisation s’élèverait entre 700 millions d’euros pour une mise à niveau limitée des Leopard 2 A4 (183 engins) et 1,5 milliard d’euros pour une adaptation au standard Leopard 2A7 HEL.
Cette « offensive » s’inscrit dans le cadre de l’initiative Ringtausch (« échange d’anneaux »), lancée en 2022 pour encourager certains pays à transférer leur matériel d’origine soviétique à l’Ukraine, en échange de véhicules d’origine allemande. La Grèce a ainsi reçu 40 véhicules Marder en contrepartie de la livraison de ses anciens BMP-1 aux forces ukrainiennes.
Cette offre allemande présente l’avantage pour l’armée grecque de lui fournir un nombre significatif de véhicules de combat d’infanterie compatibles avec ses Leopard 2 modernisés, lui permettant ainsi « d’accroître son rythme opérationnel, sa connaissance du terrain et sa capacité de dissuasion régionale », selon Greek Reporter.