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L’Armée américaine prévoit d’acquérir un million de drones au cours des deux à trois prochaines années, tout en renforçant sa capacité industrielle afin de fournir aux soldats des millions d’autres appareils dans les années à venir. Ce programme d’acquisition ambitieux a été dévoilé par le Secrétaire à l’Armée, Daniel Driscoll.

Actuellement, l’Armée achète environ 50 000 drones par an, mais cette nouvelle commande sur trois ans représenterait un volume vingt fois supérieur.

Daniel Driscoll et le Major Général John Reim, commandant du Picatinny Arsenal, ont reconnu que ce déploiement massif constituait un défi important. Ils ont notamment mis en avant la guerre en Ukraine, où les drones à bas coût ont été des acteurs majeurs du combat ces trois dernières années, comme une des raisons principales de cette expansion. Bien que l’Armée n’ait pas détaillé les types précis de drones qu’elle compte acquérir, elle expérimente actuellement divers modèles, allant des petits quadricoptères jusqu’aux drones d’attaque à vue à la première personne (FPV) et à sens unique.

Cette décision représente le changement le plus concret dans la transformation de l’Armée à l’ère du drone. En avril dernier, le Secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a ordonné une transformation majeure de l’Armée, intégrant notamment une intensification de l’emploi des drones ainsi que des systèmes de contre-mesures contre les aéronefs sans pilote ennemis. Hegseth a ainsi demandé à chaque division de l’Armée d’utiliser des drones à au moins un certain niveau d’ici la fin de l’année prochaine.

À l’image des autres branches militaires, l’Armée s’efforce d’accélérer le déploiement de ses drones et des armes anti-drones (contre-UAS), face à leur adoption rapide à l’échelle mondiale et à leur succès démontré en Ukraine. Les unités, en grande partie en Europe et aux États-Unis, s’entraînent à intégrer ces petits drones dans leurs opérations et à relever les défis que représentent l’apprentissage de nouvelles tactiques. Par ailleurs, certaines unités mettent en place leurs propres laboratoires pour ne pas dépendre exclusivement du soutien logistique centralisé.

En parallèle du développement des chaînes d’approvisionnement, l’armée teste également l’intégration opérationnelle de ces systèmes par les troupes. Lors de l’automne, elle a organisé sa première « crucible drone », une compétition réunissant des équipes des forces spéciales et des forces conventionnelles de l’Armée, du Corps des Marines, de la Marine et de l’Armée de l’Air. Ces équipes se sont affrontées dans divers scénarios inspirés de situations réelles de combat, telles que des opérations nocturnes, l’attaque de convois mobiles ou le combat rapproché. Aucune équipe n’a finalement remporté la victoire de manière décisive.