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Le 2e Brigade de Combat d’Infanterie du 101e Régiment d’infanterie aéroportée des États-Unis ne sera pas remplacée à son retour, marquant possiblement un ralentissement dans l’effort militaire américain de renforcement du flanc est de l’OTAN, initié peu avant l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022.

Environ 700 soldats de cette unité ont été déployés en Allemagne, en Roumanie et en Pologne.

Cependant, les responsables de l’Armée américaine en Europe et en Afrique ont souligné que « ce n’est pas un retrait américain d’Europe ni un signe d’un moindre engagement envers l’OTAN et l’article 5. Au contraire, cela reflète une augmentation des capacités et des responsabilités européennes ».

L’armée américaine maintient toujours une « présence robuste » en Europe et reste capable de respecter l’engagement pris par le président Donald Trump de défendre les alliés de l’OTAN.

Cependant, ce retrait progressif des forces américaines en Europe correspond à une réorientation des priorités du Pentagone, désormais davantage concentré sur la protection des frontières nationales et la lutte antidrogue sur le territoire américain.

En septembre, l’armée a annoncé que d’autres soldats de la 101e division aéroportée seraient déployés à la frontière entre les États-Unis et le Mexique pour soutenir les agents de la Protection des frontières et des douanes, dans le cadre des efforts continus du Département de la Défense.

Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a également qualifié les frappes militaires américaines en cours dans les Caraïbes contre des embarcations suspectées de trafic de drogue de combat contre des « narcoterroristes ».

« Une organisation terroriste étrangère qui empoisonne votre population avec des drogues provenant d’un cartel de la drogue est aussi dangereuse qu’Al-Qaïda, et elle sera traitée comme telle, notamment en eaux internationales », a déclaré Hegseth aux journalistes lors d’une visite à Fort Benning, en Géorgie.

Cette réduction de la présence américaine en Europe a toutefois suscité une rare opposition parmi les partisans de l’administration Trump. Deux hauts membres républicains – le sénateur Roger Wicker et le représentant Mike Rogers, présidents des commissions des forces armées du Sénat et de la Chambre des représentants – ont exprimé mercredi leur ferme opposition à cette décision.

« Un retrait prématuré des forces américaines du flanc est de l’OTAN, et ce seulement quelques semaines après que des drones russes ont violé l’espace aérien roumain, affaiblit la dissuasion et risque d’encourager une nouvelle agression russe », affirment-ils dans une déclaration conjointe.

Reconnu comme des faucons de la défense au Congrès, Wicker et Rogers rappellent qu’ils avaient déjà précisé qu’ils n’accepteraient pas de modifications majeures à la « structure de combat » américaine sans une coordination sérieuse avec les commandants des forces, les chefs d’état-major interarmées et l’avis du Congrès.

« Il y a deux semaines, le président Trump a déclaré que les États-Unis ne retireraient pas leurs forces d’Europe, mais pouvaient « rassembler certaines unités ». Il a raison de souligner que la posture militaire américaine en Europe doit évoluer, alors que l’OTAN assume des responsabilités accrues et avec l’évolution du caractère de la guerre. Mais cette mise à jour doit être coordonnée largement, à la fois au sein du gouvernement américain et avec l’OTAN » insistent-ils.

Cette décision intervient dans un contexte de tensions et de négociations intenses entre Washington et Moscou, liées à l’invasion russe de l’Ukraine. Des agences de renseignement américaines ont récemment averti que le président russe Vladimir Poutine continuerait à mener la guerre contre l’Ukraine, même alors que l’administration Trump imposait des sanctions à plusieurs compagnies pétrolières russes.

« Cette décision envoie également un mauvais signal à la Russie au moment même où le président Trump tente d’exercer une pression pour forcer Vladimir Poutine à négocier une paix durable en Ukraine. Le président a parfaitement raison : il est temps pour l’Amérique de montrer sa détermination face à l’agression russe. Malheureusement, cette décision du Pentagone semble non coordonnée et va à l’encontre de la stratégie présidentielle », concluent Wicker et Rogers.