Le gouvernement danois a levé l’interdiction d’exporter une composante cruciale du programme Tejas Mk1A indien, offrant un soutien majeur à la modernisation de l’avion de combat léger. Cette décision, prise à la suite d’échanges diplomatiques, permet la reprise des livraisons de cette pièce essentielle, tout en accélérant l’effort d’industrialisation locale mené par Hindustan Aeronautics Limited (HAL) pour réduire la dépendance aux importations.
La pièce au cœur de cette levée d’interdiction est l’amplificateur de charge moteur, un composant électronique sophistiqué intégré au moteur GE F404-IN20 du Tejas Mk1A, capable de fournir une poussée de 84 kN avec postcombustion. Cet amplificateur traite les signaux issus des capteurs de vibrations, garantissant ainsi des performances optimales, la sécurité et le diagnostic du moteur dans des environnements variés, allant des missions en haute altitude dans l’Himalaya aux patrouilles côtières humides. Jusqu’à récemment, ce composant était fourni par un fournisseur danois et son inclusion dans la liste d’exportations interdites du Danemark avait perturbé la chaîne d’approvisionnement de HAL, retardant l’intégration des moteurs dans les cellules du Mk1A.
Cette interdiction, imposée en 2023 dans le cadre du renforcement des contrôles danois sur les technologies à double usage, reflétait les tensions géopolitiques mondiales, notamment le conflit russo-ukrainien. Or, avec une production prévue de 24 avions par an à l’horizon 2028, HAL faisait face à un goulot d’étranglement menaçant les objectifs de livraison du Tejas Mk1A, qui prévoit d’équiper l’Indian Air Force (IAF) avec 83 unités d’ici 2029. Ce programme est vital pour combler le déficit actuel de nombreuses escadrilles, la force aérienne disposant aujourd’hui de 31 escadrons sur 42 autorisés.
Un expert de la défense a déclaré : « L’amplificateur de charge était la pièce critique que nous ne pouvions pas nommer auparavant en raison de sa sensibilité. Le gel imposé par le Danemark a été un coup dur, mais leur décision de reprendre les livraisons après nos représentations diplomatiques nous remet sur les rails. » Les premières expéditions ont repris à la mi-2025, permettant à HAL de respecter son calendrier de livraison, estimé entre 16 et 18 avions Tejas Mk1A par an à partir de la fin 2025.
Les efforts diplomatiques indiens ont joué un rôle central dans cette issue favorable. Des discussions de haut niveau impliquant le ministère des Affaires étrangères et des responsables de la défense ont souligné le caractère exclusivement défensif de ce programme ainsi que le rôle stratégique de l’Inde en tant que partenaire du Danemark et membre du Quad, une coalition destinée à contenir la montée en puissance chinoise. Cette décision danoise illustre un équilibre pragmatique entre contrôle des exportations et maintien des liens bilatéraux, alors que l’Inde s’impose comme un acteur majeur de la défense manufacturière.
Parallèlement à ces approvisionnements externes, HAL a accéléré le processus d’indigénisation de l’amplificateur de charge, confié à une entreprise basée à Bengaluru, probablement un partenaire privé comme Dynamatic Technologies ou une entité du DRDO. « Nous recevons encore la pièce du Danemark, mais nous finalisons aussi sa production locale, qui sera achevée prochainement », précise une source interne. « Cela signifie que nous n’aurons plus besoin d’importer cet élément à l’avenir. »
La reprise des livraisons garantit à HAL la capacité de remettre les 18 premiers appareils d’ici 2026, soutenant l’objectif de l’IAF de maintenir 42 escadrons d’ici 2040, avec un quart de ses moyens composés de plateformes de cinquième génération telles que l’AMCA. Ce processus d’indigénisation renforce aussi les perspectives d’exportation, des pays comme le Sri Lanka ou la Malaisie envisageant le Tejas comme une alternative économique aux avions occidentaux.