Le Government Accountability Office (GAO) des États-Unis a identifié des problèmes majeurs dans le programme de modernisation de 21 milliards de dollars de la flotte de B-52 Stratofortress de l’US Air Force.
Dix des treize volets prévus pour prolonger la durée de service de cet avion stratégique jusqu’en 2050 rencontrent des dépassements de coûts importants, des retards dans les calendriers et des risques opérationnels, selon le rapport de l’agence.
Le principal problème concerne le Commercial Engine Replacement Program (CERP), dont le budget a augmenté de 3 milliards de dollars depuis 2023 pour atteindre 15,4 milliards, accompagné d’un retard opérationnel de 15 mois.
Ces retards compromettent la maintenance continue de la flotte, alors que les dépôts de réparation peinent déjà à faire face à une pénurie de pièces détachées pour les moteurs actuels Pratt & Whitney TF33.

Un B-52 Stratofortress de l’US Air Force décollant pour une mission. Crédit photo : Airman 1st Class Jennifer Nesbitt/US Air Force
Le GAO souligne que ces difficultés pourraient créer une rupture capacitaire si la maintenance des moteurs continue de s’allonger, réduisant ainsi la disponibilité opérationnelle des 76 B-52 encore en service.
Malgré ces obstacles, l’US Air Force prévoit de lancer la production des moteurs avant d’avoir terminé les tests en vol de développement, ce qui augmente le risque de corrections coûteuses.
« En fabriquant les moteurs avant d’avoir effectué ces tests, l’Air Force s’expose à ce que le système ne fonctionne pas comme prévu », avertit le GAO.
Recommandations et réactions
Le GAO recommande de reporter la décision de production du CERP tant que les risques n’auront pas été pleinement évalués.
L’agence note que l’US Air Force a donné son accord total à cinq des six recommandations du GAO, notamment le renforcement des outils d’ingénierie numérique et la mise à jour des plans de réparation, mais n’a donné qu’un accord partiel concernant le report de la décision de production du CERP.
Les examens réalisés ont porté sur la performance, les besoins en équipement et la disponibilité des avions, complétés par des visites sur les différents sites du programme B-52, des dépôts de maintenance et des centres logistiques.
« La politique du Département de la Défense stipule que les estimations de coûts doivent intégrer une analyse des risques et évaluer les alternatives susceptibles de réduire coûts et risques », rappelle le GAO.
« Réexaminer ces risques permettrait d’éclairer davantage les décideurs quant au moment opportun pour lancer la production. »