Un raid israélien dans le sud du Liban a fait quatre morts, dont trois femmes, selon les médias d’État libanais, au lendemain d’un cessez-le-feu conclu entre Israël et le Hezbollah.
L’Agence Nationale d’Information libanaise (NNA) a rapporté qu’une directrice d’école, sa mère, une aide domestique étrangère ainsi qu’un ouvrier syrien ont été tués lorsque leur véhicule a été ciblé par un drone israélien alors qu’ils revenaient d’une inspection de leur maison familiale à Nabatieh al-Fawqa.
L’armée israélienne a déclaré avoir « identifié quatre individus suspects » approchant d’une zone sous son contrôle dans le sud du Liban, estimant qu’ils représentaient une menace. Elle a donc « mené une frappe précise afin d’éliminer ce danger ».
Malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis deux semaines, Israël poursuit des frappes intermittentes dans le sud du Liban, notamment dans la région de Nabatieh, ciblant selon ses déclarations des positions et des militants du Hezbollah.
Les deux parties s’accusent mutuellement de ne pas respecter cet accord de trêve.
Le député du Hezbollah Ihab Hamade a condamné la frappe de lundi, la qualifiant de « crime odieux contre des civils », et en a imputé la responsabilité « avant tout » à l’État libanais.
Le mouvement chiite a également exprimé une vive opposition à l’accord signé le mois dernier entre le Liban et Israël, censé ouvrir la voie à une paix durable.
Par ailleurs, l’NNA a rapporté de nouvelles frappes israéliennes dans l’après-midi du lundi.
Vers une paix durable
Ce dernier accord s’inscrit dans le cadre d’une entente plus large entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin au conflit régional, et qui a instauré un cessez-le-feu au Liban depuis le 21 juin.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans ce conflit élargi à travers des tirs de roquettes en représailles à l’élimination du guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors d’opérations menées conjointement par les États-Unis et Israël.
Le pacte israélo-libanais prévoit le désarmement du groupe soutenu par l’Iran, un retrait progressif des forces israéliennes du sud Liban, ainsi que le déploiement de l’armée libanaise dans cette région, à commencer par deux zones pilotes, sans toutefois fixer de calendrier précis pour ce retrait.
Le président libanais Joseph Aoun a souligné lundi que l’occupation israélienne bloque le déploiement de son armée dans le sud du pays.
Dans un communiqué, son bureau a insisté sur la nécessité de faire pression sur Israël afin qu’il se retire, rappelant que « l’occupation sape la légitimité de l’État libanais, empêche l’armée de se déployer et compromet les bases d’un processus en vue d’une paix juste et durable ».
De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé dimanche que l’armée israélienne maintiendrait sa présence « aussi longtemps que nécessaire pour protéger les habitants du Nord et tous les citoyens d’Israël ».
Depuis le 2 mars, les autorités libanaises rapportent que les attaques israéliennes ont causé la mort d’environ 4 300 personnes.
Ces hostilités ont également provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes, mais selon l’ONU, plus de 640 000 réfugiés ont pu regagner leur foyer depuis le 22 juin.