Article de 661 mots ⏱️ 4 min de lecture

L’Opération Sindoor a révélé une synergie extraordinaire entre les trois armées indiennes, infligeant un « coup sévère » dont le Pakistan peine encore à se remettre, a déclaré le ministre indien de la Défense, Rajnath Singh.

Lors d’un événement de lancement de livre, Rajnath Singh a souligné que cette opération a concrétisé la volonté de l’Inde de mettre en œuvre des stratégies coordonnées, adaptatives et préventives face aux défis croissants de la sécurité nationale. « L’Opération Sindoor a démontré une intégration et une coopération hors du commun entre les trois armées, renforçant ainsi la détermination du gouvernement à élaborer des stratégies de défense adaptées aux mutations de l’ordre mondial et aux nouvelles formes de guerre », a-t-il expliqué.

Le ministre a insisté sur le fait que la vision traditionnelle de la défense ne suffit plus aujourd’hui, les conflits prenant désormais une forme hybride et asymétrique, s’étendant bien au-delà des frontières physiques.

« Le gouvernement a adopté plusieurs réformes audacieuses et décisives pour bâtir une armée capable de faire face aux défis futurs, garantissant ainsi la sécurité nationale et l’autonomie stratégique du pays », a-t-il indiqué, rappelant notamment la création du poste de chef d’état-major de la défense, une étape historique renforçant la coordination entre les forces terrestres, aériennes et navales.

« Le monde entier a pu constater les résultats de cette collaboration lors de l’Opération Sindoor. Le Pakistan est toujours en train de se remettre du coup sévère porté par nos forces armées », a affirmé Rajnath Singh.

En mai dernier, les forces armées indiennes avaient ciblé neuf infrastructures terroristes situées au Pakistan et au Cachemire occupé par le Pakistan, en représailles à l’attaque terroriste de Pahalgam, survenue le 22 avril.

Le ministre a également mis en avant l’importance de la fusion civil-militaire, qu’il qualifie de levier stratégique essentiel favorisant l’innovation, la conservation des talents et l’autonomie technologique du pays.

« Cette fusion est possible uniquement si nous connectons l’industrie civile, le secteur privé, le monde universitaire et le secteur de la défense autour d’un objectif national commun. Cela renforce notre productivité économique ainsi que notre avantage stratégique », a-t-il déclaré.

Rajnath Singh a expliqué que le monde évolue d’une simple « division du travail » vers une « intégration des objectifs ». Malgré leurs responsabilités distinctes, les différentes administrations doivent coopérer avec une vision partagée.

« Notre administration civile et notre armée sont certes séparées dans leur répartition des tâches, mais depuis l’arrivée au pouvoir de notre Premier ministre, il est clair qu’aucune institution ne peut fonctionner isolément ; elles doivent collaborer », a-t-il insisté.

Le ministre a appelé à une meilleure compréhension de cette fusion civil-militaire à l’ère technologique actuelle, en identifiant les défis majeurs et en adoptant une approche ciblée pour utiliser efficacement les capacités technologiques civiles dans le domaine militaire.

« À l’échelle mondiale, les domaines civil et militaire se confondent progressivement. La technologie, l’économie et la sécurité nationale sont désormais plus que jamais interdépendantes », a-t-il souligné.

Il a rappelé que l’information, les chaînes d’approvisionnement, le commerce, les terres rares et les technologies de pointe ont des usages communs aux deux sphères.

« Dans ce contexte, la fusion civil-militaire n’est pas simplement une tendance moderne, mais une nécessité stratégique. L’ignorer compromettrait notre développement stratégique », a-t-il averti.

« Nombre de nos technologies importantes restent souvent cantonnées à des usages civils. Sous le concept d’utilisation duale, si ces innovations sont adaptées aux applications militaires, ou inversement, notre puissance nationale pourrait s’accroître de manière exponentielle », a-t-il conclu.