Le Département de la Défense américain a annoncé la mise en place immédiate d’un dépistage systématique de la déficience en testostérone pour tous les militaires masculins âgés de 30 ans et plus. Cette nouvelle directive vise à intégrer cet examen dans les évaluations annuelles de santé périodiques ainsi que lors de l’entrée dans les forces armées.
Le programme, officialisé dans la « Clinical Practice Guideline for Testosterone Deficiency in the Male Service Member », s’inscrit dans une volonté de mieux détecter et traiter les déficits hormonaux chez les soldats afin d’optimiser leurs performances, protéger leur longévité et maintenir leur capacité opérationnelle.
Concrètement, lors de ces bilans, les agents de santé interrogeront les hommes concernant des symptômes évocateurs comme une baisse du désir sexuel, des troubles de l’érection, la perte d’érections matinales spontanées, une diminution inexpliquée de la masse musculaire, un état dépressif, un manque de motivation ou une baisse des performances physiques indépendante de blessures.
Ils évalueront aussi les facteurs de risques tels que le diabète de type 2, les antécédents de traumatisme crânien, l’apnée du sommeil ou d’autres pathologies pouvant influencer les niveaux hormonaux.
Si ces symptômes ou facteurs sont présents, les soldats feront l’objet d’analyses en laboratoire pour confirmer une éventuelle insuffisance en testostérone. En cas de déficit, une thérapie de substitution hormonale volontaire est proposée, bien qu’elle soit remise en question pour certains bénéfices. En effet, si la thérapie améliore les fonctions sexuelles, la composition corporelle et la densité osseuse, elle ne démontre pas d’effets clairs sur l’énergie, la vitalité, la fonction physique ou cognitive, domaines pour lesquels son initiation est déconseillée selon les recommandations médicales.
Ce dépistage ciblé auprès des plus de 30 ans intervient après un premier plan lancé en juillet et rapidement amendé début septembre, visant aussi bien les hommes que les femmes. Pour ces dernières, les directives sont encore en cours d’examen par les autorités sanitaires militaires.
Le Pentagone souligne que la baisse naturelle de testostérone avec l’âge, exacerbée par des facteurs tels que le stress, le manque de sommeil ou les déficits caloriques fréquents dans le milieu opérationnel, justifie cette nouvelle politique de santé visant à renforcer la préparation des forces armées.
