Plus de 16 000 militaires dans l’armée américaine pourraient voir leurs exemptions de rasage médical réévaluées à la lumière de nouvelles politiques de toilettage imposées par le Pentagone.
Depuis l’automne 2025, le ministère de la Défense a instauré une exigence d’apparence « proprement rasée », menaçant d’exclusion les militaires disposant de dérogations médicales permanentes ou excédant une année. Cette politique affecte principalement les personnes souffrant de pseudofolliculite de la barbe (PFB), une inflammation douloureuse de la peau aggravée par le rasage, notamment fréquente chez les militaires afro-américains.
Fin septembre 2025, les chiffres compilés par les différentes branches des forces armées font état d’environ 3 400 soldats, 144 Marines et plus de 8 000 aviateurs et gardiens bénéficiant de dérogations médicales temporaires. Concernant la Marine, plus de 4 760 marins ont reçu un diagnostic susceptible de justifier une exemption, bien que le nombre de dérogations effectives demeure en cours de vérification.
L’approche est stricte : si un militaire cumule 12 mois consécutifs d’exemption médicale pour le rasage, il sera soumis à une évaluation en vue d’une séparation administrative, voire un conseil de séparation médicale dans le cas des Marines. Les traitements alternatifs incluent des méthodes diverses allant du rasage à techniques spécifiques, à l’épilation au laser prise en charge par l’État.
Ce durcissement accompagne un mouvement de « retour aux standards ». Par exemple, l’Armée avait autorisé plus de 40 000 soldats à porter la barbe pour raisons médicales en 2024, chiffre largement revu à la baisse avec la nouvelle réglementation. De même, l’US Air Force rapporte désormais un nombre sensiblement inférieur à la moyenne historique des exemptions médicales.
Au-delà de l’aspect médical, la politique soulève des débats sur son impact culturel et social au sein des forces. Selon des représentants d’associations de vétérans, cette restriction touche majoritairement les militaires engagés sur plusieurs mandats et les rangs subalternes, avec des différences visibles entre les profils d’officiers et d’enrôlés. Certains vétérans dénoncent une « mentalité du zéro défaut » vis-à-vis de la pilosité faciale, soulignant qu’auparavant des unités d’élite, telles que les Navy SEALs ou Delta Force, avaient l’habitude de combattre avec des barbes complètes.
Enfin, il convient de distinguer les exemptions médicales des accommodements religieux, qui bénéficient d’un cadre légal différent et ne sont pas soumis à limite de durée. Ceux-ci concernent un plus petit nombre de militaires, avec par exemple une trentaine de Marines autorisés à porter la barbe pour motifs religieux.
