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Le recrutement militaire russe a chuté d’environ 20 % au premier trimestre de cette année par rapport à 2025, selon un rapport relayé par plusieurs sources internationales.

Cette baisse intervient alors que les forces russes continuent de subir des pertes importantes sur le champ de bataille ukrainien.

Les estimations avancées indiquent que Moscou pourrait enregistrer jusqu’à 35 000 pertes mensuelles, entre tués et blessés, ce qui exerce une forte pression sur le recrutement.

Par ailleurs, le conflit pèse de plus en plus sur le marché du travail russe ainsi que sur les finances publiques.

Nigel Gould-Davies, expert senior en Russie et Eurasie à l’International Institute for Strategic Studies, souligne que le secteur militaire et la défense sont en concurrence croissante pour recruter dans un vivier de main-d’œuvre qui se réduit, en raison des pertes sur le terrain et de l’émigration.

Cette pénurie de main-d’œuvre entraîne une hausse des salaires et renforce les pressions inflationnistes, alors que les usines de défense fonctionnent à un rythme de production soutenu.

En parallèle, l’impact économique se fait aussi sentir sur le budget public : les dépenses liées au personnel militaire et au recrutement représenteraient environ 9,5 % du budget fédéral russe, soit près de 2 % du produit intérieur brut (PIB) national.

Renforcer le recrutement

Face à ces défis, Moscou mise de plus en plus sur des incitations financières et des campagnes de recrutement ciblées afin de maintenir les effectifs sans recourir à une nouvelle mobilisation massive. Celle-ci, lancée en 2022, avait provoqué un fort mécontentement populaire et incité de nombreux hommes en âge de combattre à quitter le pays.

Un programme récent prévoit notamment l’effacement des dettes pouvant atteindre 10 millions de roubles (environ 140 000 dollars) pour les individus s’engageant par contrat dans les forces armées.

Les efforts de recrutement s’étendent également aux universités, qui auraient reçu pour consigne d’orienter jusqu’à 76 000 étudiants vers le service militaire, ciblant en particulier ceux confrontés à des dettes universitaires ou à un risque d’exclusion scolaire.

En outre, la Russie élargit le recrutement au-delà de sa population nationale, faisant appel à des ressortissants étrangers originaires de plusieurs pays, notamment en Afrique, ainsi qu’à du personnel nord-coréen déployé en soutien à l’effort de guerre.