Le Royaume-Uni prévoit d’avancer la capacité maritime du drone Protector de la Royal Air Force, avec une révision du programme en cours et de nouveaux jalons attendus d’ici décembre 2026.
Le ministre de la Défense, Luke Pollard, a confirmé cette évolution en réponse à une question parlementaire concernant l’intégration du Protector avec les avions de patrouille maritime P-8 Poseidon et les frégates anti-sous-marines Type 26 de la Royal Navy.
La revue stratégique de défense 2025 recommandait d’explorer une capacité de surveillance maritime pour Protector, en le dotant d’équipements spécifiques et d’une connectivité améliorée, afin de s’intégrer pleinement dans les opérations conjointes avec le P-8 et les Type 26. Cela s’inscrit dans la stratégie Atlantic Bastion, visant à combiner capteurs aériens, navals et sous-marins dans une force anti-sous-marine cohérente.
Grâce à son endurance de plus de 30 heures, Protector pourrait assurer une surveillance persistante de vastes zones maritimes, en relâchant la nécessité d’engager continuellement un P-8 sur de longues missions, tout en partageant en temps réel ses données avec les unités habitées.
Cette approche s’appuie aussi sur l’expérience précédente avec le MQ-9B SeaGuardian, variante maritime du même appareil, qui en 2021 avait démontré ses capacités de surveillance et d’appui anti-sous-marin lors d’exercices dont Joint Warrior. Les équipements testés incluaient un radar de recherche de surface, un système d’identification automatique, des capteurs électro-optiques et infrarouges, ainsi qu’un kit de guerre anti-sous-marine capable d’interagir avec des sonobouées.
Le choix final des équipements pour la version britannique de Protector reste toutefois à confirmer et à évaluer.
Par ailleurs, dès janvier 2025, le Royaume-Uni collaborait avec la Force OTAN de renseignement, surveillance et reconnaissance pour envisager l’emploi de Protector dans l’Atlantique Nord et l’Arctique.
Le plan d’investissement de la Défense alloue 590 millions de livres sterling à Protector jusqu’en 2029-2030, sans détailler explicitement le volet maritime, tandis que 260 millions sont consacrés à la modernisation des P-8 Poseidon, notamment avec la torpille Sting Ray produite au Royaume-Uni.
Des obstacles demeurent dans le programme Protector, notamment le rebasage des jalons, le nombre de personnels formés, la diffusion des métadonnées vidéo et certains tests d’armement, bien que des avancées notables aient été réalisées, comme la disponibilité opérationnelle des munitions Paveway IV et le progrès des essais du missile Brimstone 3.
Au terme de la révision en cours, le ministère de la Défense devrait définir une feuille de route claire pour transformer le Protector, à l’origine orienté vers la surveillance et le combat terrestre, en un capteur clé de la défense maritime britannique dans l’Atlantique Nord.