Le ministère britannique de la Défense utilise différents mécanismes au sein de l’OTAN pour garantir que l’industrie britannique bénéficie du renforcement des capacités manufacturières collectives de l’alliance, a déclaré Luke Pollard, Ministre d’État à la Défense, dans une réponse écrite au Parlement.
Face à la question du député conservateur James Cartlidge sur les mesures prises pour assurer des avantages aux fabricants britanniques, M. Pollard a évoqué l’exploitation de plusieurs outils tels que le Defence Production Action Plan, le NATO Defence Industrial Production Board et le Innovation Scale-Up Package. Ces dispositifs visent à créer une demande agrégée, améliorer l’interopérabilité, renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement et offrir des signaux de demande clairs et durables à l’industrie.
Ces actions s’inscrivent dans la stratégie industrielle de défense britannique et le plan d’investissement qui encouragent les programmes collaboratifs avec les alliés, notamment dans les domaines du tir de précision avancé, de la défense aérienne, des systèmes autonomes, de la production de munitions, du futur combat aérien et de la lutte anti-sous-marine.
Ces programmes offrent aux entreprises britanniques des opportunités d’exportation et d’approvisionnement multinational, et répondent au passage à une production « toujours active ». Cette évolution est cruciale face à la problématique historique des productions de défense européennes, caractérisées par une alternance d’ouvertures et fermetures de lignes de production selon les commandes, limitant la capacité de réponse rapide en période de crise.
L’exemple révélateur a été la guerre en Ukraine, qui a montré la difficulté d’augmenter rapidement la production, notamment en munitions d’artillerie, faute de capacités maintenues en temps de paix. L’OTAN cherche à remédier à cela par l’agrégation de la demande, permettant à plusieurs États d’acheter matériel identique selon un calendrier prévisible, justifiant ainsi des investissements industriels viables.
La question commerciale clé reste de savoir si les entreprises britanniques participeront en tant que maître d’œuvre ou fournisseurs dans des consortiums dirigés ailleurs. Par ailleurs, les instruments de financement de l’Union européenne pour la production de défense limitent la participation des pays non membres, ce qui oriente le Royaume-Uni vers les mécanismes de l’OTAN, dont l’accès est en cours de négociation depuis 2024.
