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Le Royaume-Uni a rejoint cinq alliés de l’OTAN pour lancer un projet multinational visant à développer de nouvelles capacités de frappe terrestre de précision à longue portée, incluant de nouveaux lanceurs et missiles, a annoncé l’Alliance atlantique.

Le projet High Visibility Ground-Based Precision Strike Capabilities, dévoilé lors du Forum sur l’Industrie de la Défense à l’occasion du sommet de l’OTAN à Ankara, rassemble le Danemark, la France, l’Italie, la Norvège, la Turquie et le Royaume-Uni autour de « la conception multinationale de nouvelles capacités de frappe de précision profonde, comprenant de nouveaux lanceurs et missiles », selon les déclarations officielles de l’Alliance.

Cette annonce fait suite aux déclarations des responsables britanniques lors du lancement du Plan d’Investissement en Défense la semaine précédente. Un haut responsable des forces armées a confirmé que le Royaume-Uni allouait enfin des financements conséquents à sa collaboration sur la frappe de précision longue portée, et que davantage de détails seraient apportés à Ankara. Le plan prévoit un financement initial significatif pour les capacités de tir à longue portée, avec une volonté confirmée d’intégrer une capacité de missile balistique dans l’armée britannique, sur une portée d’environ 500 miles (800 km), dans le cadre du concept reconnaissance et frappe (recce strike). Ce haut responsable a également qualifié l’accélération de la létalité en première ligne via la frappe de précision longue portée comme une priorité que l’OTAN attend du Royaume-Uni, et ce que les États-Unis souhaitent voir l’Europe développer. Ce projet vient s’ajouter à la participation britannique au programme européen Long-Range Strike Approach, une initiative distincte multinationale de développement d’armes terrestres de frappe profonde lancée en 2024.

L’OTAN a cadré cette initiative à la lumière des enseignements tirés du conflit ukrainien, soulignant que la menace liée aux frappes à longue portée s’intensifie et évolue rapidement, nécessitant une approche plus agile dans leur développement et leur exploitation. Les projets multinationaux sont essentiels pour permettre aux alliés de mutualiser les coûts, d’accélérer les calendriers, d’atteindre des économies d’échelle et de déployer plus rapidement ces capacités, a précisé l’Alliance. La mise au point de systèmes de frappe avancés est complexe et coûteuse, la non-compatibilité et le manque d’interopérabilité constituant souvent des freins majeurs à la capacité de production.

Les annonces ont par ailleurs dépassé le seul projet de frappe profonde. Neuf alliés — Canada, République tchèque, Danemark, Finlande, Grèce, Norvège, Slovaquie, Suède et Turquie — ont convenu de développer un prototype de munition d’artillerie 155 mm générique OTAN dans le cadre du projet Generic NATO Indirect Fire Round. Ce programme vise à définir les standards d’une munition 155 mm entièrement interchangeable et interopérable au sein de l’OTAN, afin de rationaliser et d’accélérer la production tout en éliminant les contraintes liées à la diversité des systèmes d’artillerie alliés. En effet, des munitions de calibre nominal identique ne peuvent actuellement pas être utilisées universellement en raison des différences de conception nationales, un problème mis en lumière par le conflit en Ukraine où les munitions et systèmes d’artillerie fournis par divers alliés cohabitent sur le terrain. L’adoption d’un modèle commun permettrait que toute production d’un allié puisse approvisionner les canons de n’importe quel autre allié.

Enfin, l’Agence OTAN de Soutien et d’Acquisition (NSPA) a contribué à la signature de plusieurs contrats-cadres supplémentaires portant sur la fourniture de munitions 155 mm et de munitions de type « loitering » (dotées d’une capacité de vol stationnaire). Par ailleurs, la Turquie a annoncé un investissement majeur dans ses missiles de croisière terrestres à longue portée ATMACA.