Le Royaume-Uni va remplacer son groupe de combat blindé à dominante chars stationné en Estonie par une nouvelle Force mobile anti-blindés à partir d’avril 2027. Cette évolution, prévue dans une feuille de route de défense signée à Tallinn, s’accompagnera d’une augmentation des effectifs britanniques déployés sur le flanc est de l’OTAN, passant d’environ 800 à 1 200 militaires.
Cette transition, convenue entre le secrétaire à la Défense britannique Dan Jarvis et son homologue estonien Hanno Pevkur, marque la fin de la configuration blindée qui structure la présence terrestre britannique avancée depuis près de dix ans, organisée autour de chars principaux Challenger 2 et de véhicules de combat d’infanterie Warrior. À la place, sera déployée une force dotée de véhicules très mobiles, d’armes modernes et de drones, spécialement conçue pour s’adapter à l’environnement opérationnel estonien et intégrée au concept britannique de reconnaissance et frappe. Selon le ministère de la Défense, cette nouvelle structure sera capable de se déployer, de se disperser et de démontrer une préparation au combat avec une rapidité bien supérieure à celle d’une formation blindée traditionnelle.
Cette décision repose sur une analyse approfondie, notamment des exercices de simulation de guerre (wargaming) menés en partenariat avec l’Estonie. Le ministère souligne que cette nouvelle conception de la force offrirait un effet opérationnel supérieur à la présence blindée actuelle, en s’inspirant des enseignements du conflit en Ukraine où les grandes concentrations de blindés se sont révélées particulièrement vulnérables à la surveillance et aux frappes de précision. La nouvelle force vise à offrir une mobilité accrue, une meilleure survivabilité par la dispersion et la tromperie, une endurance renforcée grâce à des stocks d’équipements prépositionnés en Estonie, ainsi qu’une létalité amplifiée via l’intégration du renseignement, de la surveillance, de la reconnaissance (ISR), un commandement et contrôle réseau, des tirs de précision et une expansion des systèmes sans équipage.
« Nous renforçons notre déploiement en Estonie pour défendre le territoire de l’OTAN et dissuader l’agression russe. Cette nouvelle feuille de route reflète les réalités de la guerre d’aujourd’hui et montre comment nous modernisons nos forces pour faire face aux menaces, » a déclaré Dan Jarvis lors de l’annonce. « Plus d’hommes, une meilleure mobilité et les technologies les plus avancées signifient une force plus létale et efficace, prête à combattre et à gagner aux côtés de nos alliés. »
Selon Hanno Pevkur, près de 1 200 soldats britanniques arriveront en Estonie l’année prochaine « équipés d’armements modernes bien adaptés à l’environnement local », tandis qu’une brigade entière de l’armée britannique reste en alerte permanente au Royaume-Uni pour intervenir en renfort si nécessaire. « Dès cette année, le Royaume-Uni commencera à pré-positionner des équipements et des munitions en Estonie pour notre brigade de renfort, ce qui permettra une réponse beaucoup plus rapide en cas de crise, » a-t-il ajouté. Ces renforts confirment « l’engagement à long terme du Royaume-Uni envers notre sécurité partagée ».
Au-delà de la refonte de la force, la feuille de route prévoit également la modernisation des systèmes de lance-roquettes multiples (MLRS) déployés sur place, afin d’en accroître la précision et la puissance de feu. Le maintien des capacités de défense aérienne à courte portée est également confirmé, tout comme la poursuite de la modernisation continue de la force via les prochaines rotations, au rythme de l’évolution des technologies.
Les deux pays renforceront leur coopération autour du programme ASGARD, qui vise à numériser le champ de bataille britannique. Ce programme intègre intelligence artificielle, ciblage numérique et commandement avancé pour accélérer la mise en œuvre des effets de combat. L’accord confirme aussi la coopération au sein de la Force expéditionnaire conjointe avec les alliés d’Europe du Nord.