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Alors que l’armée américaine s’efforce de développer des tactiques pour se défendre contre les drones d’attaque bon marché et de petite taille, l’un des principaux responsables du Commandement américain du Nord (USNORTHCOM) estime que les bases nationales restent « mal équipées » face aux essaims de drones.

Si les forces américaines travaillent activement à l’élaboration de tactiques et de procédures pour faire face à cette menace, elles n’en sont « pas encore là » en ce qui concerne la défense des bases, selon le lieutenant-général Joseph Jarrard. Ce dernier occupe le poste de commandant adjoint de l’USNORTHCOM et de vice-commandant du contingent américain du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD). Lors du Symposium annuel sur la défense spatiale et antimissile, il a souligné que le principal enjeu actuel est de développer les capacités de détection et de suivi des essaims ennemis avant qu’ils ne puissent frapper.

« Nous ne disposons pas des capteurs nécessaires et, selon la zone ciblée par l’essaim, nous manquons parfois totalement de moyens de détection, ainsi que des systèmes d’interception », a-t-il déclaré.

Un guide consacré à la guerre par drones, publié cet été par la Joint Interagency Task Force 401, indiquait que « une fois qu’un drone est au-dessus de la cible, les décisions cruciales concernant la protection et les contre-mesures ont déjà été prises – ou manquées ».

Les forces armées testent actuellement plusieurs approches pour contrer les drones, tout en intégrant des systèmes légers dans les manœuvres offensives. Parmi les nouvelles contre-mesures figurent des armes à énergie dirigée, des munitions spéciales conçues pour neutraliser les essaims de drones rapides, ainsi que des lance-missiles plus petits, spécifiquement adaptés à cette menace. Cependant, les attaques contre les bases demeurent une préoccupation majeure, les vagues de petits drones s’étant révélées efficaces pour causer des dégâts sur les installations.

En 2023, lors de l’opération dite « Spider’s Web », les forces ukrainiennes avaient infiltré des dizaines de drones d’attaque en territoire russe à bord de camions commerciaux. Une fois déployés, ces drones avaient émergé des conteneurs pour infliger d’importants dommages aux infrastructures militaires russes.

Cette année, lors du conflit en Iran, les forces iraniennes ont ciblé des positions américaines au Moyen-Orient à l’aide de missiles et de drones. Parallèlement, les petits drones présentaient également une menace sérieuse. En mars, des drones miniatures pilotés en immersion (FPV) par une milice soutenue par l’Iran ont attaqué une base aérienne américaine à Bagdad. Une vidéo diffusée par la milice montre le drone survolant la zone avant de s’écraser contre sa cible.

« Nous sommes pour l’instant mal équipés pour faire face à ce type d’attaque, et il est évident que cette tactique est déjà utilisée », a indiqué Jarrard aux participants. « Nous en sommes témoins quotidiennement dans le monde entier, et nous devons trouver des solutions pour atténuer cette menace ».

Plus récemment, une source proche du dossier a révélé que l’Armée américaine prévoit d’équiper prochainement certains bastions de défense laser. Le Département de la Défense projette ainsi de déployer des armes laser et autres dispositifs à énergie dirigée sur au moins cinq bases d’ici la fin de l’année.