Les dépenses de défense de l’OTAN devraient atteindre des niveaux historiques en 2025, selon les chiffres publiés par l’Alliance le 28 août.
Le dernier rapport, intitulé Defence Expenditure of NATO Countries (2014–2025), indique que les dépenses totales des Alliés devraient s’élever à 1,59 trillion de dollars américains en 2025, aux prix et taux de change courants. En tenant compte de l’inflation, cela correspond à 1,40 trillion de dollars constants de 2021.
Ces données, compilées à partir des rapports des ministères de la Défense des pays membres et harmonisées avec les prévisions économiques de la Commission européenne, du FMI et de l’OCDE, illustrent à la fois l’ampleur et la répartition inégale de l’effort de défense au sein de l’OTAN.
Les États-Unis restent de loin le principal contributeur, avec des dépenses estimées à 980 milliards de dollars, tandis que les Alliés européens et le Canada devraient dépenser un peu plus de 608 milliards de dollars ensemble.
Le rapport souligne que la définition des dépenses de défense de l’OTAN peut différer des méthodes comptables nationales, précisant que les chiffres peuvent diverger des budgets nationaux publiés ou des données rapportées par les médias. Les dépenses en équipements incluent non seulement l’acquisition de systèmes majeurs mais aussi la recherche et le développement associés, tandis que les coûts liés au personnel comprennent également les pensions.
En proportion du PIB, les Alliés européens et le Canada devraient consacrer en moyenne 2,27 % de leur PIB à la défense en 2025, dépassant ainsi l’objectif de 2 % fixé par l’Alliance. À l’échelle de l’OTAN, la part des dépenses devrait atteindre 2,76 % du PIB.
Ces chiffres reflètent une dynamique marquée au sein de l’Alliance, avec une accélération des investissements militaires des membres européens. La Pologne prévoit par exemple de consacrer 4,48 % de son PIB à la défense, soit la part la plus élevée parmi les membres de l’OTAN, tandis que plusieurs pays nordiques, dont la Norvège et le Danemark, sont en voie de dépasser les 3 %.
Ces hausses s’expliquent à la fois par les plans de réarmement nationaux et par la pression collective pour respecter les engagements en matière de dépenses de défense, dans le contexte de la guerre de la Russie contre l’Ukraine et de l’instabilité mondiale persistante.