Article de 1156 mots ⏱️ 6 min de lecture

Les forces armées américaines disposent de plusieurs capacités leur permettant de lutter efficacement contre la guerre des mines navales dans le détroit d’Ormuz. Cet étroit passage stratégique est au centre des tensions avec l’Iran, qui utilise les mines comme élément clé de sa stratégie maritime.

Selon un rapport de 2017 de l’Office du renseignement naval, la Marine du Corps des Gardiens de la Révolution islamique iranienne considère les mines navales comme un pilier de sa doctrine militaire et aurait commencé récemment à placer ces engins dans le détroit. Toutefois, le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a déclaré vendredi lors d’une conférence de presse au Pentagone qu’« aucune preuve claire » de la présence de mines dans le détroit n’avait été établie.

Le lundi suivant, l’amiral Brad Cooper, chef du Commandement central des États-Unis (CENTCOM), a annoncé que les forces américaines avaient détruit des bunkers de stockage de mines navales lors d’une frappe contre des cibles militaires sur l’île de Kharg, important centre d’exportation pétrolière iranien, la semaine précédente. Le CENTCOM a également précisé que 16 navires poseurs de mines iraniens avaient été détruits au cours de cette même période.

Un rapport publié mardi par le Congrès estime que l’Iran posséderait environ 6 000 mines. Cet arsenal comprendrait plusieurs types : mines lapa placées manuellement par des plongeurs, mines amarrées à la surface flottant sous l’eau, mines de fond reposant sur le fond marin, ainsi que des mines dérivantes flottant à la surface et déclenchées au contact.

Face à cette menace, la Marine américaine déploie plusieurs moyens pour la contre-mesure minière, notamment des dragageurs, des navires de combat littoral équipés pour cette mission, ainsi que des hélicoptères spécialisés.

Dragageurs de classe Avenger

La Marine dispose actuellement de quatre dragageurs de la classe Avenger stationnés à Sasebo, au Japon, susceptibles d’être déployés au Moyen-Orient en soutien de l’opération Furia Épica si nécessaire. Originellement, 14 navires de cette classe ont été commandés dans les années 1980, mais la plupart ont depuis été retirés du service.

Jusqu’en 2025, quatre dragageurs basés à Bahreïn étaient encore opérationnels, mais ils ont été remplacés par des navires de combat littoral dotés de capacités avancées de détection et de neutralisation des mines. Ces dragageurs avaient plus de 30 ans de service.

Ces navires utilisent des sonars et des véhicules télécommandés câblés afin d’identifier les mines sous la surface. Ils détruisent ensuite les engins en les déclenchant par un dispositif acoustique reproduisant des bruits destinés à activer les mines sensibles au son, ou par un outil électromagnétique produisant un champ magnétique trompant les mines déclenchées magnétiquement.

Ils peuvent aussi traîner des câbles et des lames pour couper les amarres des mines fixées au fond marin, faisant ainsi flotter ces dernières à la surface pour une destruction sécurisée.

La coque des dragageurs de la classe Avenger est construite en bois et fibre de verre afin de réduire leur signature magnétique et acoustique, diminuant ainsi le risque de déclenchement prématuré des mines et leur permettant d’opérer à proximité immédiate de zones à risque.

Navires de combat littoral de classe Independence

Pour moderniser ses capacités de guerre des mines, la Marine remplace ses anciens dragageurs à Bahreïn par des navires de combat littoral (LCS) de classe Independence dotés d’un « paquet de mission » spécialisé dans la contre-mesure minière.

Le USS Canberra a été le premier navire équipé de ce système à arriver au Moyen-Orient, le 22 mai 2025, suivi peu après par le USS Santa Bárbara et le USS Tulsa, qui sont tous basés à Bahreïn.

Selon un communiqué de la Cinquième Flotte américaine, le USS Canberra opérait dans l’océan Indien, tandis que le USS Santa Bárbara et le USS Tulsa effectuaient des escales logistiques en Malaisie, dans le cadre de leurs opérations régulières.

Contrairement aux dragageurs, ces LCS sont construits en aluminium et ne peuvent donc pas pénétrer directement dans des zones à haute densité de mines. Ils déploient des véhicules de surface et sous-marins autonomes pour détecter et neutraliser les mines à distance.

Ces véhicules sont équipés du système sonar AN/AQS-20, un sonar remorqué capable de localiser précisément mines de fond et mines amarrées. Ils utilisent aussi un système de dragage d’influence non habité, consistant en un câble magnétique ou un dispositif acoustique remorqué pour déclencher ou détruire les mines.

Le véhicule non habité suit une trajectoire prédéfinie et transmet en temps réel images et données radar à un opérateur situé à distance, qui peut ajuster sa route pour éviter les obstacles sous-marins.

À ce jour, ces navires de combat littoral équipés du paquet de contre-mesures contre mines n’ont pas encore été engagés en opérations de combat.

Ils disposent par ailleurs d’un armement significativement renforcé par rapport aux dragageurs Avenger, incluant un canon MK-110 de 57 mm, un système de défense SeaRAM, ainsi que des mitrailleuses calibre .50.

Hélicoptères

Le système de contre-mesure minière des navires LCS inclut également des capacités aériennes fournies par le Sikorsky MH-60S Seahawk. Cet hélicoptère peut être déployé depuis le navire pour assister dans la détection et la neutralisation de mines.

Le MH-60S est équipé du système laser de détection de mines AN/AES-1, capable de repérer mines flottantes et amarrées près de la surface, ainsi que du système AN/ASQ-235, qui largue un véhicule sous-marin télécommandé jetable chargé d’intercepter et détruire les mines.

Avant l’introduction du paquet MCM sur les LCS, le MH-53E Sea Dragon de Sikorsky était l’aéronef principal dédié à la guerre des mines. Engagé notamment lors de la Guerre du Golfe, il aidait à éliminer les mines et à sécuriser les voies maritimes dans le Golfe Persique.

Le MH-53E emploie un sonar à balayage latéral AQS-14A pour détecter les mines, et peut remorquer le système magnétique Mark 105 ainsi que le système mécanique Mk-103 pour leur destruction.

Selon le Commandement des systèmes aériens navals, cet hélicoptère n’est plus fabriqué, même s’il reste en service avec 28 exemplaires opérationnels. La Marine américaine évalue actuellement ses besoins pour les solutions aériennes futures de contre-mesures contre mines après 2025.