Les forces américaines devraient reprendre leurs rotations en Pologne « dans les semaines à venir », selon un responsable polonais de la défense, près de deux mois après l’annulation brutale par le Pentagone d’une opération prévue impliquant près de 4 000 soldats. Si les autorités américaines n’ont pas confirmé la reprise d’une rotation à grande échelle, elles ont toutefois indiqué que des troupes américaines sont restées présentes en Pologne tout au long de l’été.
« La rotation des troupes américaines, suspendue il y a plusieurs semaines, reprend désormais et va se poursuivre. Dans les prochaines semaines, la rotation des forces américaines en Pologne sera achevée », a déclaré lundi Władysław Kosiniak-Kamysz, ministre polonais de la Défense nationale, lors d’un discours public. Il faisait vraisemblablement référence à la rotation programmée d’environ 4 000 soldats de la 2e Brigade blindée de combat de la 1re division de cavalerie, qui avait été annulée de manière soudaine en mai dernier.
Kosiniak-Kamysz a précisé avoir été informé de la reprise de cette rotation par Stephanie Holmes, chargée d’affaires à l’ambassade américaine à Varsovie, ainsi que par l’attaché militaire des États-Unis en Pologne.
Le Pentagone, le commandement européen des États-Unis (EUCOM) et le département d’État n’ont pas souhaité commenter officiellement les propos du ministre polonais.
Cette annonce intervient près de deux mois après l’annulation par le Pentagone de la rotation impliquant la 1re division de cavalerie. M. Kosiniak-Kamysz, également vice-Premier ministre, a officialisé la reprise des rotations lors d’un événement à Bydgoszcz célébrant un accord sur la production en Pologne de missiles de croisière américains, en coopération avec la société Anduril Industries.
Les détails concernant la date précise de la nouvelle rotation, le nombre exact de soldats concernés ou l’unité d’origine ne sont pas encore connus.
Des effectifs flous en Pologne et en Europe centrale
Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, les États-Unis ont renforcé la présence de leurs troupes en Europe centrale et orientale pour soutenir leurs alliés de l’OTAN dans le cadre de l’Opération Atlantic Resolve. Ce dispositif avait culminé avec la présence simultanée de cinq brigades et deux états-majors de division, mais les effectifs ont diminué depuis le début de l’année 2025, selon un responsable de la défense.
Les soldats de la 1re division de cavalerie devaient déployer en Pologne cette année dans le cadre d’une rotation régulière, quelques éléments étant déjà présents sur place avant mai. Cette mission avait été annulée en même temps qu’un autre déploiement confirmé, celui d’une unité de défense antimissile prévue en Allemagne.
Cette annulation était intervenue le même jour où la Maison Blanche annonçait le retrait de 5 000 militaires américains du continent européen, dans un contexte de tensions diplomatiques entre le président Donald Trump et les dirigeants allemands sur la gestion du conflit iranien.
Plus tard, Donald Trump avait indiqué qu’un renfort de 5 000 soldats supplémentaires irait en Pologne, ce qui n’a pour l’instant pas eu lieu, sans que l’on sache d’où proviendraient ces effectifs. En juin, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé une revue des déploiements américains en Europe, processus qui doit durer plusieurs mois.
Même si la rotation de la 1re division de cavalerie a été annulée, plusieurs milliers de soldats américains restent stationnés en Pologne. Fin juin, la 3e division d’infanterie de l’armée américaine a transmis ses responsabilités à la 1re division d’infanterie, clôturant ainsi un déploiement de neuf mois dans cette région d’Europe de l’Est.