Les forces américaines procèdent à une réduction de leur présence sur le flanc sud-est de l’OTAN en Europe. L’US Army a confirmé l’information publiée mercredi par le ministère roumain de la Défense, indiquant que le 2e Brigade Combat Team de la 101e Division aéroportée, actuellement déployé dans la région, ne sera pas remplacé à l’issue de sa rotation régulière. Cette unité était stationnée en Roumanie ainsi que dans plusieurs pays voisins.
Cependant, selon le ministère roumain de la Défense, environ 1 000 soldats américains resteront basés dans le pays, contre plus de 1 700 auparavant, ce qui reste un effectif supérieur à celui d’avant la guerre en Ukraine. L’U.S. Army Europe and Africa (USAREUR-AF) a souligné qu’il ne s’agit pas d’un retrait américain d’Europe ni d’un signe d’une moindre engagement envers l’OTAN, mais plutôt d’un témoignage positif de l’augmentation des capacités et des responsabilités européennes en matière de sécurité.
Maintien des structures pour une montée en puissance rapide
Le ministre roumain de la Défense, Ionut Mosteanu, a expliqué que cette décision répondait à un déplacement du focus stratégique américain de l’Europe vers la région indo-pacifique. Selon les mouvements et exercices en cours, entre 80 000 et 100 000 soldats américains sont actuellement stationnés en Europe. Dans le cadre de l’opération Atlantic Resolve, menée depuis le début du conflit ukrainien, USAREUR-AF supervise deux commandements de division composés de plusieurs brigades tournantes.
Le commandement chargé du flanc sud-est, basé en Roumanie, est passé cette semaine conformément au planning de la 1re division blindée à la 3e division d’infanterie de l’US Army. Outre la brigade d’infanterie légère tournante déployée jusque-là, ce commandement comprend un état-major d’artillerie sans unités attribuées en permanence ainsi qu’une brigade logistique avec deux bataillons de soutien. Ces structures semblent maintenues, constituant ainsi une base pour une montée en puissance rapide en cas de crise.
Plan global pour les forces américaines encore en attente
Aucune modification n’a été signalée concernant le commandement divisionnaire plus important stationné à Bolesławiec, en Pologne, chargé du flanc est de l’OTAN. Ce commandement supervise un état-major d’artillerie et un état-major logistique, deux brigades blindées tournantes ainsi qu’une brigade d’aviation de combat disposant d’hélicoptères de combat et de transport, ainsi que de drones. Début septembre, le président américain Donald Trump avait assuré à son nouveau homologue polonais Karol Nawrocki, lors de sa visite inaugurale à la Maison-Blanche, que les troupes américaines resteraient stationnées en Pologne, avec la possibilité même d’un renforcement.
Cependant, à la même période, des alliés de l’OTAN en Europe de l’Est ont indiqué avoir été informés par les États-Unis de la suppression du financement destiné à l’aide à la formation et à l’équipement militaire pour le prochain exercice budgétaire. Le Global Posture Review du département américain de la Défense, qui doit préciser la configuration actuelle et future des forces américaines dans le monde, reste encore attendu. Selon des estimations issues de l’OTAN, cette révision pourrait aboutir à une réduction pouvant atteindre 30 % des troupes américaines basées en Europe.
Des rumeurs suggèrent que l’administration Trump souhaite revoir à la baisse la stratégie de confinement des adversaires stratégiques comme la Russie et la Chine, au profit d’une concentration accrue sur la défense de l’hémisphère occidental. Plutôt que d’insister sur la région Pacifique, l’accent serait mis sur la sécurisation des frontières américaines ainsi que sur des opérations en Amérique latine, notamment au large du Venezuela, officiellement dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue.
Stefan Axel Boes