Les forces armées indiennes projettent d’acquérir 500 missiles hypersoniques destinés à frapper des positions ennemies fortement fortifiées après 2030, renforçant ainsi leur capacité de frappe profonde. Cette initiative stratégique des trois armes—Armée de terre, Marine et Force aérienne—vise à contrer les menaces grandissantes provenant de la Chine et du Pakistan, notamment leurs bases protégées par des systèmes de défense aérienne sophistiqués.
Porté par l’Organisation de recherche et développement pour la défense (DRDO) dans le cadre du Projet Vishnu et de programmes associés, ce programme mise sur une technologie de pointe à propulsion scramjet, offrant des vitesses, une maniabilité et une pénétration inégalées.
La demande initiale des trois armes, selon des sources militaires, prévoit une induction de ces missiles après 2030, en adéquation avec la feuille de route de défense quinquennale dévoilée en septembre 2025 par le ministre Rajnath Singh. Ce plan met l’accent sur les technologies avancées telles que les missiles hypersoniques, les drones furtifs UCAV, et les armes à énergie dirigée pour moderniser les forces armées. La mise au point de ces missiles, sous l’égide du Projet Vishnu et incluant des variantes comme le Missile de Croisière Hypersonique à Trajectoire Prolongée (ET-LDHCM) et le BrahMos-II, doit positionner l’Inde parmi les rares pays, aux côtés des États-Unis, de la Russie et de la Chine, à maîtriser des capacités hypersoniques opérationnelles.
Caractéristiques techniques et capacités
Les missiles hypersoniques en développement intègrent des technologies avancées adaptées aux exigences des trois forces :
- Vitesse et portée : atteignant Mach 6 à 8, avec une portée supérieure à 1 500 km, ces missiles permettront des frappes profondes ciblant des infrastructures stratégiques hors de portée des systèmes actuels comme le BrahMos (400 à 600 km) et le Rampage (250 à 300 km).
- Propulsion scramjet : équipés de moteurs scramjet indigènes validés lors d’essais en novembre 2024 et avril 2025, ces missiles garantissent un vol soutenu à haute vitesse, contrairement aux missiles balistiques traditionnels aux trajectoires prévisibles.
- Maniabilité : munis de véhicules de glisse hypersoniques (HGV) et de systèmes de guidage avancés incluant une navigation assistée par intelligence artificielle et des manœuvres en phase terminale, ils sont capables d’échapper à des systèmes de défense aérienne tels que le chinois HQ-9, inefficace face à des cibles rapides à basse altitude.
- Flexibilité des charges utiles : pouvant embarquer des ogives conventionnelles ou nucléaires, ces missiles couvriront un large spectre de missions, depuis les frappes de précision jusqu’à la dissuasion stratégique.
- Polyvalence de lancement : conçus pour être lancés depuis les airs (Su-30 MKI, Rafale), la terre (lanceurs mobiles) et la mer (sous-marins, destroyers), assurant une interopérabilité complète entre les trois forces.