Dans un tournant majeur visant à renouveler ses escadrons de chasse en déclin, l’Armée de l’air indienne (IAF) poursuit activement l’acquisition d’environ 63 chasseurs furtifs russes Su-57 de cinquième génération, soit l’équivalent de trois escadrons, selon un rapport détaillé. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie multiple pour combler l’écart entre les 42 escadrons autorisés et les 29 actuellement opérationnels, alors que la retraite du MiG-21 est récente et que les programmes nationaux comme le LCA Tejas accusent des retards. Fait notable, les négociateurs russes proposent d’intégrer des missiles balistiques air-sol (ALBM) hypersoniques tels que le Kh-47M2 Kinzhal, offrant ainsi une capacité de frappe à distance capable de transformer les capacités d’interdiction profonde de l’Inde sans mettre en danger les pilotes dans un espace aérien contesté.
Ce rapport, publié le 26 septembre, souligne l’urgence à agir après l’Opération Sindoor, lors de laquelle la polyvalence de l’IAF a été mise à l’épreuve face aux forces pakistanaises. « L’IAF… souhaite importer 114 Rafale français et environ 63 Su-57 », précise l’article, mettant en lumière la diversification des acquisitions parallèlement au développement du Tejas. L’offre russe relance la collaboration FGFA (Fifth Generation Fighter Aircraft), abandonnée par l’Inde en 2018 après un investissement de près de 300 millions de dollars, notamment à cause de doutes sur la furtivité et la motorisation.
La mise hors service du MiG-21, le 26 septembre, marque la fin d’une ère pour le « cercueil volant » qui cumula plus de 1,5 million d’heures de vol mais fut victime d’un taux élevé d’accidents. Face à la menace à deux fronts que posent la Chine et le Pakistan, le Su-57 apparaît comme un palliatif rapide en attendant l’entrée en service prévue du AMCA en 2035. Avec 21 appareils par escadron, la commande de 63 jets permettrait d’équiper trois unités dédiées, potentiellement basées sur des bases avancées comme Ambala ou Hasimara pour une réaction rapide.
La Russie propose d’exploiter l’usine de HAL à Nashik — célèbre pour l’assemblage des Su-30MKI — afin de produire localement les Su-57, réduisant ainsi délais et coûts. Les premières livraisons d’environ 36-40 avions importés devraient intervenir d’ici 2028 pour équiper deux escadrons, tandis que le reste de la production serait assuré en Inde d’ici 2032. Ce modèle rappelle le succès du Su-30MKI, mais avec les avantages de la cinquième génération : supermanœuvrabilité, supercroisière et avionique intégrée conçue pour la guerre réseau-centrée.
| Aspect | Détails de la commande Su-57 | Intérêt stratégique pour l’IAF |
|---|---|---|
| Nombre d’appareils | ~63 (3 escadrons) | Comble le déficit pour atteindre 35 escadrons d’ici 2030 |
| Lot initial | 36-40 avions (importés) | Opérationnel d’ici 2028 pour deux escadrons |
| Site de production | HAL Nashik (enjoint avec Sukhoi) | Objectif de 70 % de contenu local |
| Coût estimé | 80-100 millions $ par unité (total ~5-6 milliards $) | Compensé par transfert de technologie et industrie locale |
Les experts considèrent cette approche comme une realpolitik pragmatique : les offres occidentales, dont le F-35, butent sur les transferts technologiques, tandis que la flexibilité russe, malgré les sanctions liées au conflit en Ukraine, en fait un partenaire fiable.
Le joyau de ce contrat potentiel réside dans l’engagement de Moscou à doter le Su-57 d’ALBM, notamment l’adaptation du Kinzhal — missile hypersonique Mach 10 avec une portée d’environ 2 000 km — pour une intégration optimale. Contrairement aux missiles de croisière classiques, les ALBM comme le Kinzhal suivent une trajectoire balistique imprévisible après leur lancement, évitant ainsi les défenses anti-aériennes pakistanaises HQ-9 ou l’équivalent chinois S-400. Déployés depuis les soutes internes du Su-57, ils permettront des frappes sur des cibles profondes — telles que des camps terroristes ou des centres de commandement et contrôle — depuis l’espace aérien indien, rappelant le succès de l’IAF lors de l’opération Balakot en 2019, mais avec une capacité hypersonique renforcée.
« La Russie a officiellement proposé son Su-57E… enrichi d’intégrations avancées », indiquent des sources, bien que les détails précis sur l’intégration du Kinzhal restent confidentiels. La conception du Su-57 supporte déjà de telles armes, avec des versions futures capables d’emporter des armements nucléaires, dans la lignée du profil du Kinzhal. Pour l’Inde, cela signifie la possibilité d’éviter les incursions frontalières, en préservant la supériorité aérienne tout en limitant les pertes humaines, une leçon tirée des affrontements de 100 heures lors de l’opération Sindoor.