L’Organisation de recherche et développement pour la défense de l’Inde (DRDO) a achevé les essais finaux de la phase 2 de son programme de défense antimissile balistique (BMD), franchissant une étape majeure dans la protection contre les menaces de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM).
Ce système comprend deux intercepteurs, AD-1 et AD-2, conçus pour neutraliser les missiles balistiques tant dans la phase endo-atmosphérique (au sein de l’atmosphère) que dans la phase exo-atmosphérique (hors de l’atmosphère) de leur trajectoire.
Bien que le ministère indien de la Défense affirme que le système est capable d’intercepter des cibles ICBM, The New Indian Express indique que les démonstrations récentes ont porté sur des missiles d’une portée comprise entre 2 000 et 5 000 kilomètres, correspondant plutôt à des missiles balistiques à moyenne portée.
Les ICBM, eux, sont définis par une portée supérieure à 5 500 kilomètres.
« Les intercepteurs ont réussi à engager leurs cibles respectives. Ces systèmes ont été conçus et développés avec les technologies les plus récentes pour faire face aux menaces balistiques émergentes », a déclaré le ministère de la Défense.
« Ces essais placent l’Inde dans le cercle restreint des nations disposant d’une capacité BMD pour contrer jusqu’aux missiles balistiques intercontinentaux. »
Un développement en plusieurs phases
Le programme BMD a été lancé en 1999, suite aux essais nucléaires pakistanais de 1998. Sa première grande réussite a eu lieu en 2006, lorsque le missile balistique Prithvi-II a été intercepté avec succès lors d’une phase endo-atmosphérique à environ 48 kilomètres d’altitude.
La phase 1, destinée à protéger notamment les capitales administratives et économiques de l’Inde — Delhi et Mumbai —, a été finalisée en 2019.
Elle repose sur les intercepteurs Prithvi Defence Vehicle et Advanced Air Defence, capables d’intervenir respectivement à des altitudes d’environ 100 kilomètres et 25 kilomètres.
Le système s’appuie sur le radar de suivi longue portée (LRTR) développé en Inde à partir de la technologie issue du radar Green Pine d’Israel Aerospace Industries.
Si le radar Green Pine détecte des cibles à environ 800 kilomètres, le LRTR indien affiche une portée de détection estimée à plus de 1 500 kilomètres.
Au-delà du réseau radar, l’architecture BMD comprend des lanceurs d’intercepteurs, des centres de contrôle de tir et un centre de commandement des missions. Ces composantes, réparties géographiquement, sont reliées via un réseau de communication sécurisé, assurant un suivi, un engagement et une gestion de combat coordonnés.
Par ailleurs, l’Inde travaille déjà sur la phase 3 du programme BMD, qui s’attachera à contrer des menaces plus avancées telles que les armes hypersoniques et les véhicules de rentrée multiples et indépendamment ciblables (MIRV).