Koweït a annoncé samedi qu’une centrale électrique et une installation de traitement d’eau, ainsi qu’une infrastructure pétrolière, avaient été frappées par des attaques iraniennes, accusant Téhéran de cibler des infrastructures civiles alors que le conflit au Moyen-Orient s’intensifie.
Cette série d’attaques intervient après une septième nuit de frappes américaines sur des cibles iraniennes, qui ont provoqué des représailles de la part de l’Iran contre des pays alliés des États-Unis dans le Golfe.
« Une autre centrale électrique et de distillation d’eau a été la cible d’une attaque hostile ayant provoqué un incendie au sein de l’une des installations », a déclaré le ministère koweïtien de l’Électricité et de l’Eau dans un communiqué.
Plusieurs unités de production d’énergie ont été mises hors service suite à cette attaque.
Il s’agit du deuxième bombardement en deux jours contre une centrale électrique et une installation de traitement de l’eau au Koweït, la première attaque survenue vendredi ayant également causé un incendie et des dommages matériels.
Les attaques de samedi ont déclenché deux incendies distincts, blessant plusieurs pompiers ainsi qu’un ouvrier, a précisé le service d’incendie koweïtien.
« La répétition de ces attaques contre ces infrastructures vitales révèle une approche hostile systématique ciblant des sites civils et des infrastructures essentielles, mettant en danger la vie et la sécurité des civils », a ajouté le ministère des Affaires étrangères.
La compagnie pétrolière nationale koweïtienne a fait état de blessures et de « pertes matérielles importantes » à la suite de l’attaque contre son installation, selon l’agence de presse officielle Kuna.
Le site pétrolier a été évacué.
Un résident koweïtien a exprimé à l’agence AFP des craintes quant à une possible pénurie de biens de première nécessité si la tension venait à s’aggraver.
« La demande en eau et en conserves a augmenté depuis ce matin en raison des craintes que les services ou les chaînes d’approvisionnement soient affectés », a précisé Hassan Rayan, 61 ans, Libanais résidant au Koweït et travaillant dans les médias.
Le transport aérien à l’aéroport international du Koweït a été temporairement suspendu en raison des attaques à la roquette et aux drones, forçant la plupart des vols à être reprogrammés, a indiqué la compagnie aérienne nationale.
L’Iran a intensifié ces derniers jours ses attaques contre le Koweït et Bahreïn, où sont implantées d’importantes bases militaires américaines.
À Bahreïn, l’armée a affirmé avoir repoussé samedi une série de « mensongères attaques aériennes iraniennes », tandis qu’un journaliste de l’AFP sur place rapportait avoir entendu des explosions après le déclenchement des sirènes.
Le ministère de l’Intérieur a fait état de cinq alertes au raid aérien depuis l’aube, invitant la population à se mettre à l’abri.
L’armée iranienne a indiqué avoir frappé une base aérienne utilisée par les États-Unis à Bahreïn en représailles aux frappes américaines, selon le diffuseur d’État iranien.
Les drones ont visé « les abris d’aéronefs et les parkings, les réservoirs de carburant de l’armée américaine à la base aérienne Sheikh Isa, ainsi que plusieurs ponts de liaison à Bahreïn », a précisé l’armée iranienne.