L’Ukraine a récupéré plus de territoire le mois dernier qu’elle n’en a perdu face aux avancées russes, selon un haut responsable militaire de l’OTAN, témoignant d’un changement clair de dynamique sur le champ de bataille en faveur de Kyiv.
Intervenant sur le soutien de l’OTAN à l’Ukraine, ce responsable a souligné que, bien que le conflit dure désormais plus longtemps que la Première Guerre mondiale, la Russie « n’a atteint aucun objectif stratégique » et que « au contraire, le mois dernier, l’Ukraine a repris plus de terrain qu’elle n’en a cédé ».
Il a toutefois nuancé l’ampleur des avances russes lorsqu’elles surviennent, précisant qu’elles sont généralement mesurées « en mètres par jour, et non en kilomètres » et qu’elles se font au prix d’un coût humain et matériel russe exceptionnellement élevé. Malgré cela, Moscou conserve la capacité de maintenir une pression tactique, d’exercer des tirs massifs et d’absorber des pertes à un rythme que la plupart des pays occidentaux jugeraient insoutenable tant sur le plan militaire que politique.
Ne parvenant pas à générer une dynamique décisive en première ligne, la Russie a de plus en plus recours à des attaques terroristes ciblant l’arrière, frappant les infrastructures civiles telles que logements, centres commerciaux, hôpitaux et sites du patrimoine culturel. Ce changement de stratégie illustre, selon le responsable, le manque d’options viables pour Moscou sur le terrain.
Le conflit s’apparente désormais à une lutte d’endurance, d’adaptation et de capacité industrielle. Sur ce plan, le responsable estime que l’avantage appartient à l’Ukraine, dont la résilience et la flexibilité restent « extraordinaires ». Néanmoins, la consolidation et l’expansion des récents gains dépendront de la réactivité et de la coordination du soutien allié.
Cette évaluation vient compléter un tableau plus prudent dressé plus tôt dans la semaine par l’OTAN, qui note un net ralentissement des avancées russes au cours de l’année écoulée, avec seulement de faibles progrès dans des secteurs comme Zaporizhzhia et un net ralentissement depuis janvier. L’Alliance reste cependant vigilante, estimant que la guerre de position, avec la Russie tentant de consolider les territoires qu’elle contrôle déjà, devrait rester la forme la plus probable du conflit dans les six prochains mois.