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Mazagon Dock Shipbuilders Limited (MDL) a laissé entendre pour la première fois, lors de sa récente conférence téléphonique avec les investisseurs, que la Marine indienne et le chantier naval étudient activement un nouveau programme de destroyer, provisoirement appelé Projet 15C. Bien qu’aucune Acceptation de Nécessité (AoN) formelle n’ait encore été délivrée, la direction de MDL a confirmé que « des discussions internes et des études préliminaires de conception pour une classe de destroyers successeur (P-15C) sont en cours ». Le chantier mobilise des ressources afin de maintenir cette option ouverte une fois le programme actuel Project-15B (classe Visakhapatnam) achevé.

Ce signal clair témoigne de la volonté de l’Inde d’envisager sérieusement une troisième évolution de sa lignée indigène de destroyers de 7 500 tonnes, débutée avec la classe Delhi (P-15) dans les années 1990, poursuivie par la classe plus discrète Kolkata (P-15A), et actuellement incarnée par les quatre unités de la classe Visakhapatnam (P-15B), dont l’INS Surat (D-69) mis en service début 2025.

La perspective la plus intéressante serait que le P-15C serve de design intermédiaire entre la génération actuelle de destroyers à turbine à gaz et le futur Destroyer de Nouvelle Génération (NGD / Projet 18), beaucoup plus imposant, de 12 000 à 13 000 tonnes. Plusieurs analystes proches du dossier estiment que la Marine indienne souhaiterait acquérir quatre à six unités P-15C comme une étape rapide et à faible risque, avant d’investir environ 80 000 à 100 000 crores INR dans le programme NGD.

Si les spécifications détaillées restent confidentielles, les sources industrielles ainsi que les déclarations de MDL dessinent déjà les grandes lignes des attentes navales :

  • Déplacement : entre 8 500 et 9 500 tonnes, ce qui représente une augmentation notable par rapport aux 7 900 tonnes du P-15B.
  • Longueur : environ 165 à 170 mètres, contre 163 mètres sur le P-15B.
  • Propulsion : probable maintien des turbines à gaz ukrainiennes Zorya-Mashproekt M36E (4 × DT-59 ou équivalents améliorés) en configuration COGAG, avec un contenu indigène accru et une possible intégration future des turbines marines dérivées du moteur Kaveri dans les unités ultérieures.
  • Discrétion radar : réduction accrue de la signature radar grâce à une intégration plus poussée des composites, un design à pont affleurant, et un mât fermé en forme de X évolué, similaire à celui étudié pour le NGD.
  • Armement et capteurs :
    – Système universel de lancement vertical (UVLM) de 48 à 64 cellules capable de tirer à chaud les missiles BrahMos-II (hypersonique), Barak-8 ER, ainsi que les futurs VL-SRSAM/NG-SAM
    – Possibilité d’installer 16 à 32 missiles BrahMos supplémentaires dans des lanceurs inclinés spécialisés
    – Radar AESA dérivé du MF-STAR ou basé sur la technologie GaN, avec une portée instrumentée supérieure à 400 km
    – Suite sonar à l’étrave dérivée de la famille HUMSA-NG
    – Système de détection acoustique tractée utilisant des transducteurs indigènes basse fréquence en cours de développement conjoint avec le DRDO.
  • Aviation embarquée : deux hangars permettant d’accueillir soit deux hélicoptères utilitaires navals de 10 tonnes, soit une combinaison d’un hélicoptère et d’un drone.
  • Propulsion électrique intégrée : l’IEP est envisagée pour la première fois sur un destroyer indien, ce qui réduirait fortement la signature acoustique et ouvrirait la voie à l’intégration future d’armes à énergie dirigée.