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Un pipeline de carburant situé près de Moscou a été détruit lors d’une opération spéciale menée par le service de renseignement militaire ukrainien (HUR). Simultanément, une contre-offensive impliquant des forces spéciales aéroportées transportées par hélicoptères Black Hawk a été lancée dans la ville de Pokrovsk.

Le service de renseignement militaire ukrainien (HUR) a fait exploser un important pipeline de carburant dans la région de Moscou, lors d’une action au sol. Selon les informations disponibles, l’opération a eu lieu à Ramenskoye, où les trois conduites du pipeline ont été détruites. Ce dernier assurait le transport sur 400 km d’essence, de diesel et de carburéacteur vers l’armée russe, provenant des raffineries de Ryazan, Nijni Novgorod et Moscou, avec une capacité annuelle totale de 6,4 millions de tonnes.

Par ailleurs, des coupures d’électricité ont été rapportées dans les banlieues de Zhukovski et Ramenskoye, situées à environ 30 km au sud-est de Moscou. Zhukovski abrite une petite aéroport internationale secondaire, distinct de l’aéroport principal de Moscou.

Parallèlement, le HUR a lancé une contre-offensive en déployant des forces spéciales aéroportées via des hélicoptères Black Hawk dans la ville de Pokrovsk. Cette opération, débutée plus tôt dans la semaine, visait à infiltrer des troupes dans des zones supposément occupées par les forces russes. L’objectif principal est de rouvrir des axes logistiques coupés pour approvisionner Pokrovsk, ainsi que la ville voisine de Myrnohrad, menacée d’encerclement.

La ville de Pokrovsk a résisté pendant quinze mois et, malgré une situation critique, les autorités ukrainiennes restent discrètes sur leurs opérations en cours afin de ne pas compromettre leurs manœuvres stratégiques. Les rapports tactiques ne sont pas toujours totalement communiqués aux niveaux inférieurs des unités sur le terrain.

Le contexte général reste tendu : la Russie a lancé une frappe balistique sur Mykolaïv, tuant une personne et en blessant quinze, dont un enfant. L’arme probable est un missile Iskander-M équipé d’une ogive submunitions.

Des infrastructures critiques ont également été visées. Plusieurs postes électriques de centrales nucléaires ukrainiennes, notamment celle de Rivne (RNPP), ont été bombardés. Cette centrale a dû réduire sa production sur deux de ses quatre réacteurs, ne pouvant plus injecter la totalité de son énergie sur le réseau. Au total, trois postes électriques ont été touchés, portant un coup supplémentaire à la stabilité du réseau électrique ukrainien. Depuis plusieurs années déjà, les lignes à haute tension alimentant la centrale nucléaire de Zaporijjia (ZNPP), la plus grande d’Europe, sont hors service, ce qui maintient ses six réacteurs à l’arrêt prolongé, avec des systèmes de refroidissement d’urgence fonctionnant sur générateurs diesel. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) supervise la situation mais se montre prudente dans ses accusations, se limitant à qualifier ces événements de « activités militaires en Ukraine ».

Selon le décompte matinal d’état-major ukrainien, les pertes russes du jour s’élèveraient à environ 900 hommes, ainsi qu’à 58 véhicules de transport et divers matériels. Certaines pertes importantes concernent neuf pièces d’artillerie, une batterie de roquettes à lancement multiple, deux systèmes de défense antiaérienne lourds, un équipement spécial, six chars et deux véhicules blindés de transport de troupes ou de combats motorisés. Ces pertes significatives, quoique affectées par des conditions météorologiques défavorables limitant l’usage des drones, indiquent un impact permanent sur les capacités russes.

Analyse sur la dynamique opérationnelle : les pertes récurrentes de systèmes rares comme les lance-roquettes multiples et les systèmes de défense aérienne lourds suggèrent que l’Ukraine bénéficie désormais d’un allongement de la portée opérationnelle de ses drones FPV (First Person View). Ces drones, auparavant incapables d’atteindre ces cibles plus reculées, parviennent à harceler les positions frontales russes, mettant en danger des pièces d’artillerie et des batteries antiaériennes auparavant mieux protégées.

Si cette tendance se confirme, la Russie sera contrainte de redéployer ces systèmes plus en arrière, ce qui permettrait à l’aviation ukrainienne d’intervenir plus profondément en zone frontalière avec ses munitions guidées, notamment des bombes planantes, augmentant la pression sur les forces russes.