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Alors que les contrôleurs aériens civils employés par les forces armées quittent leurs postes pour des contrats plus rémunérateurs dans le secteur civil, un organisme fédéral de contrôle tire la sonnette d’alarme : cet exode pourrait affecter la préparation, la sécurité et la formation des unités militaires.

Les responsables de l’Armée de Terre, des Marines, de la Marine et de l’Armée de l’Air expliquent qu’ils peinent à concurrencer le secteur civil pour recruter et retenir leurs contrôleurs aériens civils, selon un rapport récent de l’Inspecteur général du Département de la Défense. Le salaire moyen d’un spécialiste du contrôle aérien dans l’Armée de l’Air s’élève à environ 113 032 dollars, tandis que la moyenne à la Federal Aviation Administration (FAA) atteint 161 150 dollars, soit une différence d’environ 43 %, indique une étude RAND publiée en 2026 et citée par l’Inspecteur général.

Le rapport souligne également que les grades professionnels attribués au sein des services militaires ne correspondent pas toujours aux exigences réelles des postes. Ces classifications conditionnent le statut fédéral des agents, leur rémunération et leur évolution de carrière. RAND note que la FAA dispose de bandes salariales plus flexibles qui permettent de mieux corriger les disparités de rémunération.

La Federal Aviation Administration gère le Système national de l’espace aérien, qui comprend les espaces aériens contrôlés et non contrôlés au-dessus des États-Unis et de leurs eaux environnantes. Les forces armées conservent leurs propres équipes de contrôle aérien, qui coordonnent leurs opérations avec la FAA. Selon l’Inspecteur général, pour l’année fiscale 2024, le Département de la Défense contrôlait 29 % du trafic aérien national, contre 71 % pour la FAA.

Les pénuries de contrôleurs aériens au sein du Département de la Défense ont un impact « négatif » sur la sécurité aérienne et la préparation opérationnelle globale, précise l’Inspecteur général. Des responsables de l’Armée de l’Air rapportent avoir dû réduire les horaires d’ouverture des aérodromes, limiter la disponibilité de l’espace aérien et interrompre des fonctions critiques de sécurité. Sur la base aérienne d’Eglin en Floride, les enquêteurs ont constaté que ces problèmes comportaient « des risques pour les avions et la maintenance des installations aéroportuaires et provoquaient des retards dans les missions outre-mer ». Ces difficultés affectent également la formation des pilotes.

« Ces pénuries entraînent une réduction des services de contrôle aérien, une baisse de l’efficacité opérationnelle et moins de formation des pilotes, car le personnel n’est pas disponible pour gérer les déplacements des avions sur les routes aériennes », précise le rapport.

Le manque de contrôleurs aériens est un problème généralisé aux États-Unis, la FAA signalant des pénuries de plusieurs milliers de contrôleurs en raison de difficultés de recrutement, de fidélisation et des départs à la retraite prévus dans les années à venir. Cependant, l’Inspecteur général révèle que la situation est encore plus préoccupante au sein des forces armées, qui perdent une partie de leur personnel au profit de la FAA.

Les enquêteurs mettent en garde contre le fait que ces pénuries de contrôleurs aériens civils freinent la capacité du Pentagone à atteindre les objectifs de défense nationale fixés dans la Stratégie nationale de défense 2026, laquelle prévoit un renforcement de la lutte contre les menaces aériennes sans pilote.

« Pour maintenir son avantage dans le combat et s’aligner sur ses priorités stratégiques, le Département de la Défense doit impérativement résoudre ces déficits en personnel de contrôle aérien civil afin d’améliorer la préparation globale et la létalité », conclut le rapport.