Article de 991 mots ⏱️ 5 min de lecture

Quelques semaines seulement après l’annonce inattendue du retrait du Wildcat AH1, Leonardo a confirmé à l’occasion du Salon aéronautique international de Farnborough sa confiance dans l’avenir des plateformes Wildcat et Merlin.

Encore en phase d’analyse du Plan d’Investissement en Défense (DIP) publié le 30 juin 2026, Nigel Colman, directeur général de Leonardo Helicopters UK, a indiqué que la société travaille étroitement avec le ministère de la Défense britannique pour déterminer comment mieux accompagner les ambitions futures des forces armées du Royaume-Uni.

Alors que le retrait des hélicoptères Wildcat AH1 est programmé pour l’année prochaine, Leonardo attend toujours de connaître précisément les modalités de cette mise hors service. Aucun calendrier détaillé ni indication sur le devenir des appareils retirés n’a encore été communiqué.

Wildcat AH1 entrainement en montagne
Un hélicoptère Wildcat AH1 du 847 NAS effectue un entraînement de vol en montagne pendant l’opération Clockwork en Norvège

Leonardo souligne que les Wildcat AH1, « incroyablement performants », seraient théoriquement de bons candidats pour une réaffectation chez d’autres opérateurs, voire pour une conversion en drones hélicoptères, la durée de vie restante de ces machines étant encore significative. La société n’a toutefois pas été informée de manière définitive sur l’éventuelle réduction des AH1 opérés par les Royal Marines, même si cela semble probable.

En revanche, le Wildcat HMA2 poursuivra son service jusqu’au milieu de la prochaine décennie, infirmant ainsi les rumeurs découlant du DIP qui laissaient entendre qu’il pourrait aussi être retiré. Si le DIP prévoit de remplacer le Wildcat HMA2 par des systèmes non pilotés, aucun calendrier précis n’a été établi, ce qui traduit plutôt une volonté à long terme qu’un plan immédiat. Le HMA2 continue de se perfectionner en opérations, notamment grâce à ses missiles Martlet et Sea Venom qui lui confèrent une capacité opérationnelle remarquable.

Missiles de tir d'entraînement Wildcat HMA2
Projectiles d’entraînement Martlet et Sea Venom sur un Wildcat HMA2 au Salon aéronautique international de Farnborough 2026

Pour Leonardo, l’avenir de l’aviation rotor est à chercher dans l’association entre capacités pilotées et non pilotées. Cette approche ouvre la porte à de nouveaux développements tels que Proteus, dont le financement a été reconduit, et à la poursuite de programmes comme ceux des Wildcat, Merlin, voire Lynx. Malgré la fin de sa production, ce dernier continue de bénéficier d’un soutien pour des mises à jour chez ses opérateurs actuels.

AW101 Merlin

Leonardo mise sur la poursuite du succès du Merlin, en service depuis les années 1990. Le premier vol de la version améliorée destinée au Canada, appelée CH-149 Cormorant, s’est déroulé en juin sur la base de Yeovil. Par ailleurs, la Norvège doit prendre dans les 12 prochains mois une décision concernant l’acquisition d’un nouvel hélicoptère de lutte anti-sous-marine (ASM).

Leonardo, ainsi que de nombreux experts, considèrent le Merlin comme le candidat idéal pour répondre à ce besoin. La version maritime du Merlin est unanimement reconnue comme l’un des hélicoptères ASM les plus performants au monde et s’intégrerait parfaitement à la future flotte de frégates de type 26 de la Norvège.

Merlin Mk2 avec système FLASH
Un Merlin Mk2 du Naval Air Squadron 814 déployant un système acoustique léger repliable (FLASH) avec un capteur immergé pour la détection de cibles sous-marines

La frégate Type 26 de la Royal Navy, future principale unité ASM britannique, a été conçue dès l’origine pour embarquer et opérer avec des hélicoptères Merlin. Cette coopération renforcerait la stratégie anglo-norvégienne d’une force anti-sous-marine intégrée et « interchangeable » dans l’Atlantique Nord. La Norvège exploite déjà l’AW101 dans le domaine de la recherche et du sauvetage (SAR) avec succès notable.

À ce jour, aucune discussion n’a eu lieu concernant une commande britannique supplémentaire de Merlin en parallèle avec l’acquisition norvégienne, même si Leonardo ne ferme pas la porte à cette éventualité. Les participants à la séance d’information ont souligné que l’achat par la Norvège porterait sur une plateforme expérimentée, forte de plus de vingt ans d’opérations actives dans la Royal Air Force britannique.

Nigel Colman, ancien pilote de Merlin dans la RAF, a rappelé que la flotte britannique fait face à des enjeux d’obsolescence, partiellement corrigés par un programme de prolongation de la durée de vie. Ce programme est toujours en cours d’évaluation en collaboration avec le ministère de la Défense pour définir son périmètre exact. Le Département des Infrastructures de Défense (DIP) a alloué 1,6 milliard de livres sterling pour l’entretien futur des Merlin HM2 et HC4/HC4A.

Yeovil, un site d’excellence

Après avoir surmonté plusieurs obstacles pour décrocher le contrat de l’hélicoptère moyen AW149 (NMH), Leonardo affiche désormais une vision optimiste concernant l’avenir de son usine de Yeovil. Les commandes au Royaume-Uni et à l’export garantiraient la pérennité de cette implantation pendant les prochaines années, assurant à Yeovil de rester le cœur de la production hélicoptère britannique et un pôle d’excellence en matière de capacités autonomes.

Il est à noter que Yeovil a été écartée pour la participation au programme d’avions d’entraînement à réaction de Leonardo en faveur de la Royal Air Force. L’absence de piste pavée constitue un obstacle majeur pour ce type d’appareil. Par ailleurs, la production locale semble essentiellement orientée vers l’hélicoptère plutôt que vers les avions à réaction.