QinetiQ est désormais en position de gérer l’intégration, les essais et la validation de la technologie radar australienne CEA au sein de l’ensemble de l’industrie de défense britannique, dans le cadre d’un protocole d’intention signé à Canberra. Ce dernier porte sur l’adoption potentielle de ce radar par les forces de première ligne britanniques.
Ce partenariat à quatre réunissant QinetiQ, le ministère britannique de la Défense, le département australien de la Défense et CEA Technologies, basée à Canberra, formalise le projet d’intégration du radar dans les équipements britanniques. Luke Pollard, ministre britannique de la Défense et de l’Industrie, ainsi que Pat Conroy, ministre australien de l’Industrie de la Défense, ont assisté à la signature qui s’est tenue dans l’usine de CEA.
Steve Wadey, directeur général du groupe QinetiQ, a déclaré : « L’expertise unique de QinetiQ fait de nous un partenaire stratégique et fiable pour le ministère britannique de la Défense et ses alliés. Les conflits actuels soulignent l’importance cruciale des systèmes de défense aérienne, qui sont soumis à des pressions grandissantes, et QinetiQ est fier de jouer un rôle clé dans l’apport de cette technologie essentielle au Royaume-Uni. »
Cette mission correspond parfaitement au savoir-faire de QinetiQ. L’entreprise détient un accord de partenariat de long terme portant sur les sites d’essais et d’évaluation du ministère britannique de la Défense, un contrat de 25 ans signé en 2003 qui lui confère l’accès aux infrastructures instrumentées, aux avions d’essais et au personnel d’assurance que tout radar étranger doit franchir avant d’être intégré en service britannique.
L’intégration constitue la partie la plus complexe du processus, car un radar importé doit être compatible avec les systèmes de commandement et de contrôle britanniques, être testé dans des environnements électromagnétiques réels, puis validé selon des normes rigoureuses permettant aux commandants de se fier pleinement à ses données, aucun de ces aspects ne relevant du fabricant.
La signature intervient quelques mois après les consultations ministérielles Australie-Royaume-Uni de juin, durant lesquelles les deux gouvernements ont annoncé leur volonté d’explorer le développement conjoint et la production d’un radar à réseau à balayage électronique actif (AESA).
M. Pollard a souligné : « Aujourd’hui, nous approfondissons notre coopération industrielle avec l’Australie sur des technologies radar de pointe. En combinant l’expertise de QinetiQ avec la technologie radar de classe mondiale de CEA, nous renforçons la préparation opérationnelle de nos forces tout en soutenant l’emploi et la croissance économique des deux côtés du globe. »
Alan Clements, directeur général de CEA Technologies, a ajouté : « La signature d’aujourd’hui marque une étape importante pour CEA ainsi que pour les industries de défense australienne et britannique. Elle reflète la confiance que nos deux gouvernements accordent à la technologie radar de pointe de CEA et souligne le rôle essentiel des partenariats industriels pour renforcer la souveraineté technologique. »
Le document signé sert de cadre à une coopération continue et à l’exploration de futures opportunités, sans toutefois engager une commande ferme à ce stade.
CEA Technologies est une entreprise australienne de taille moyenne qui s’est distinguée en dégageant des parts de marché face à des groupes beaucoup plus importants. Sa famille de radars CEAFAR à antenne à réseau matriciel active équipe notamment les frégates de classe Anzac de la Marine royale australienne, remplaçant les radars d’origine lors de la mise à niveau de la défense antimissile anti-navire, avec des gains de performance significatifs.
Les radars AESA dirigent leur faisceau électriquement plutôt que mécaniquement via un déplacement d’antenne. La surface est composée de nombreux petits modules émetteurs et récepteurs, ce qui permet de suivre simultanément plusieurs cibles et de continuer à fonctionner même en cas de défaillance partielle des modules, tout en conservant une performance dégradée.
Le rôle exact que jouerait ce radar au Royaume-Uni n’a pas été précisé. Le pays reconnaît un déficit en matière de défense aérienne terrestre, avec un déploiement limité du système Sky Sabre dans l’Armée de terre. La Revue stratégique de défense 2025 prévoit un renforcement des moyens de défense aérienne et antimissile, sans toutefois définir précisément les capteurs qui en constitueront la base.
QinetiQ emploie environ 7 500 personnes et se présente comme une entreprise axée sur l’innovation guidée par la mission, en testant les technologies et systèmes pour vérifier qu’ils répondent aux exigences opérationnelles avant leur mise en service par les utilisateurs.