Un ancien commodore de la Royal Navy met en garde contre la simple acquisition de navires autonomes et de drones sans une infrastructure numérique solide. Selon lui, communications, logiciels, systèmes de commandement et logistique doivent devenir le cœur du programme « Hybrid Navy » pour éviter de reproduire un ensemble de plateformes disparates.
Le concept de Hybrid Navy envisage une force intégrée où navires habités opèrent aux côtés de systèmes autonomes et téléopérés. Cependant, la multiplicité des programmes d’acquisition actuels risque de créer des architectures séparées avec des interfaces propriétaires, empêchant l’interopérabilité et la synergie opérationnelle.
Au centre de sa proposition figure un système d’exploitation maritime : non pas un simple logiciel, mais une infrastructure digitale globale incluant des communications résilientes, le commandement et contrôle, des services cloud, la cybersécurité, des normes de données communes, l’intelligence artificielle, l’ingénierie digitale et la logistique. Chaque plateforme, habitée ou non, deviendrait ainsi un nœud connecté à une architecture de combat unifiée.
Le Maritime Fighting Web, identifié comme élément central de la future force navale britannique, doit selon lui bénéficier de davantage de ressources et de clarté. Il souligne que la discussion sur les futurs types de navires ne doit pas occulter la nécessité de définir une « architecture cognitive » plus large, régissant la décision, le partage d’information et l’interaction des armes, capteurs et systèmes autonomes.
Il insiste sur le fait que les systèmes autonomes sont des applications du système d’exploitation, pas le système lui-même. Un navire autonome apporte peu en termes d’efficacité de combat sans une connectivité complète aux réseaux de communication, à l’intelligence artificielle, aux données de mission, à la logistique et aux systèmes de commandement.
Pour tester les progrès, il propose une démonstration pratique : un tir de missile Sea Ceptor effectué par un navire à partir des données et du suivi d’un autre navire. Cette capacité montrerait la viabilité d’un système de combat distribué sans devoir construire une nouvelle classe de navire. Il suggère que cette démonstration ait lieu avant la fin 2026.
