Selon plusieurs sources, l’OTAN prévoit de moderniser son dispositif de surveillance aérienne en remplaçant sa flotte vieillissante d’avions AWACS Boeing E-3A Sentry par des appareils Saab GlobalEye. Cette annonce devrait être officialisée lors du Sommet de l’OTAN à Ankara, les 7 et 8 juillet 2026.
Si cette décision se confirme, elle marquerait une rupture majeure dans l’architecture de veille et de contrôle aérien de l’Alliance atlantique, qui s’éloignerait ainsi du E-3A Sentry, dérivé du Boeing 707, après plus de quarante ans de service.
Actuellement, l’OTAN exploite 14 AWACS E-3A basés à Geilenkirchen, en Allemagne. Ces avions sont en service depuis 1982 et leur retrait est prévu vers 2035. Depuis le déclenchement du conflit entre la Russie et l’Ukraine en 2022, ces plateformes ont été largement mobilisées pour des missions de surveillance sur le flanc est de l’OTAN.
Selon le projet envisagé, la base de Geilenkirchen pourrait devenir le centre névralgique de la nouvelle flotte GlobalEye de l’OTAN. Le nombre exact d’appareils acquis n’a pas encore été communiqué officiellement.
Abandon du Boeing E-7A Wedgetail
Ce choix représente un revers pour le Boeing E-7A Wedgetail, un appareil qui avait été sélectionné en novembre 2023 comme premier élément aérien du futur dispositif de surveillance de l’OTAN, avec un programme initial prévoyant six avions et une entrée en service dès 2031.
Ce plan s’est progressivement effondré après que l’US Air Force ait annulé sa propre commande d’E-7A, en préférant privilégier des systèmes de surveillance spatiale. Cette décision a conduit les alliés de l’OTAN à abandonner l’acquisition prévue des six Wedgetail, jugeant que le projet avait perdu sa pertinence stratégique et financière.
GlobalEye : une nouvelle génération de plateforme de surveillance
Le Saab GlobalEye est un système avancé de contrôle et d’alerte précoce air-sol qui combine le radar à balayage électronique actif à longue portée Erieye avec la famille des avions d’affaires Global de Bombardier. Saab met en avant une capacité de surveillance intégrée couvrant les domaines aérien, maritime et terrestre, avec un rayon de détection radar supérieur à 550 kilomètres.
Contrairement au radar rotodome tournant du E-3A, le GlobalEye utilise un radar fixe dit en « lame » positionné sur le fuselage. Ce système est conçu pour détecter et suivre simultanément des cibles dans plusieurs domaines, en jouant également le rôle de centre de commandement et de contrôle aérien au sein d’un réseau opérationnel.
Ce choix s’inscrit dans une évolution plus large de l’OTAN, qui vise à passer d’un simple remplacement d’avion AWACS à un système de systèmes intégré, dans le cadre du programme fédéré de Vigilance et Contrôle de l’Alliance.
Une commande croissante pour Saab
Pour Saab, l’adoption du GlobalEye par l’OTAN consoliderait une montée en puissance significative de ses commandes. La Suède a déjà commandé trois GlobalEye, les Émirats arabes unis exploitent ce modèle et la France a passé commande de deux appareils en décembre 2025, avec une option pour deux supplémentaires.
En avril 2026, la publication spécialisée française La Lettre avait rapporté que l’Agence de Soutien et d’Acquisition de l’OTAN avait attribué le contrat de remplacement des AWACS à Saab et Bombardier. À cette date, Saab avait indiqué avoir fourni des informations à l’OTAN, sans toutefois confirmer la signature d’un contrat ni la réception d’une commande officielle.
Clément Charpentreau