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Une société israélienne est soupçonnée d’ingérence numérique dans les élections parlementaires écossaises, selon l’autorité française chargée de la lutte contre la désinformation. Ces révélations interviennent alors que des comptes liés à cette entreprise auraient ciblé John Swinney, ministre principal d’Écosse, qui a qualifié ces découvertes de « profondément préoccupantes » et a appelé le gouvernement britannique à prendre plus au sérieux les interférences en ligne.

Viginum, l’agence française spécialisée dans la surveillance des ingérences étrangères sur les réseaux numériques, a identifié la société BlackCore comme étant à l’origine d’opérations d’influence dans plusieurs pays, au-delà de la France. Ces opérations auraient également concerné l’élection municipale de New York en 2025, ainsi que des scrutins en Angola et au Togo.

Déjà suspectée d’avoir tenté d’influencer les élections locales en France en mars dernier, BlackCore serait donc impliquée dans des campagnes similaires à l’étranger, selon les déclarations de Marc-Antoine Brillant, directeur de Viginum, lors d’une conférence de presse à Paris en présence du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Le rapport de Viginum révèle que des comptes affiliés à BlackCore ont spécifiquement visé John Swinney, Premier ministre écossais. Ce dernier s’est illustré par ses prises de position sur la situation à Gaza, la qualifiant de catastrophe humanitaire causée par l’homme et avertissant d’un possible génocide en cours.

Face à ces nouvelles informations, John Swinney a exprimé son inquiétude quant aux tentatives d’ingérence dans les élections du Parlement écossais. Il a appelé le gouvernement britannique, responsable de la sécurité nationale, à accorder une priorité beaucoup plus élevée à la lutte contre ces interférences hostiles sur Internet.

Ross Colquhoun, responsable numérique du Scottish National Party (SNP), a également indiqué que les réseaux sociaux du parti avaient subi un niveau inédit de commentaires négatifs lors des élections de mai, provenant de comptes semblant être des bots générés par intelligence artificielle.

Pour l’heure, les enquêteurs n’ont pas pu déterminer qui a commandité les actions de BlackCore, ni même si une demande formelle a été faite.

Le gouvernement français a officiellement soulevé ce dossier auprès d’Israël et sollicite une coopération pour faire avancer l’enquête.

L’ambassade d’Israël à Paris a indiqué qu’elle utiliserait les données de l’enquête française pour lancer sa propre investigation et a fermement nié toute volonté d’ingérence du gouvernement israélien dans les élections françaises.

Avant de retirer toute présence en ligne après les premières interrogations de la presse, BlackCore se présentait comme une société spécialisée en influence et cyber-opérations, fournissant aux gouvernements et campagnes politiques des outils pour façonner l’opinion publique.

La société n’a pas répondu aux multiples sollicitations pour commenter ces accusations.

Il convient de rappeler que le rapport 2020 du Comité britannique du renseignement et de la sécurité sur la Russie avait déjà mis en lumière des tentatives russes d’influence lors du référendum sur l’indépendance écossaise de 2014, tout en critiquant le manquement des gouvernements successifs à protéger efficacement la démocratie britannique.