Le Premier ministre britannique a annoncé au secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, que le Royaume-Uni publiera son Plan d’investissement en matière de défense avant le sommet de l’alliance prévu le mois prochain à Ankara. Cette déclaration intervient quelques jours seulement après les démissions de son ministre de la Défense et de son ministre des Forces armées, liées au financement de ce même plan, a indiqué Downing Street.
Selon le compte-rendu de l’appel téléphonique qui a eu lieu samedi matin, Sir Keir Starmer a informé Mark Rutte des dernières avancées concernant le Plan d’investissement en défense et a souligné son engagement à le rendre public avant le sommet. Les deux responsables ont convenu que, face à des menaces communes et évolutives, les alliés doivent renforcer leur coopération, accroître leur défense collective et agir plus rapidement avec plus d’efficacité. Le secrétaire général de l’OTAN s’est félicité de l’augmentation des investissements britanniques en matière de défense, qu’il considère comme une contribution importante à l’alliance et à la réponse aux menaces actuelles.
Le Premier ministre a également réaffirmé son engagement à atteindre un budget de défense équivalent à 3 % du PIB lors du prochain Parlement, précisant que la sécurité nationale resterait la priorité absolue du gouvernement, soutenue par ce que le compte-rendu appelle des « décisions fermes nécessaires » pour y parvenir. Les deux dirigeants ont décidé de maintenir un contact étroit.
Ce choix de mots n’est pas anodin, surtout au vu des événements récents. John Healey, le ministre de la Défense démissionnaire, a quitté ses fonctions jeudi après avoir informé le Premier ministre que le plan, tel qu’il était financé, reposait sur une montée en charge trop tardive, ne permettant d’atteindre que 2,68 % du PIB en 2030. Il estimait que cela contraindrait à des décisions susceptibles de réduire la sécurité du pays. Quelques heures plus tard, le ministre des Forces armées, Al Carns, a également démissionné, estimant que le plan ne répondait pas aux menaces actuelles, qu’il n’était ni assez ambitieux ni suffisamment financé. Starmer a utilisé la même expression de « décisions fermes » lors d’une interview télévisée vendredi, expression que la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a reprise dans une lettre pour souligner le contraste avec les critiques des deux ministres démissionnaires.
L’engagement à publier le plan avant le sommet fixe un délai contraignant pour le gouvernement à un moment où les organisations industrielles, le comité de la Défense à la Chambre des communes et l’un des coauteurs de la Revue stratégique de défense ont tous mis en garde contre l’insuffisance du plan et de son financement face aux exigences actuelles. Le compte-rendu de l’appel ne précise pas si le financement, refusé par John Healey, sera révisé avant publication, laissant en suspens la question centrale : le nouveau ministre de la Défense, Dan Jarvis, publiera-t-il le plan tel quel ou le réouvrira-t-il ?
Le Plan d’investissement en défense détaille, programme par programme, les dépenses destinées à concrétiser la Revue stratégique de défense publiée l’an dernier, en transformant les engagements en commandes fermes d’équipements tels que navires, aéronefs, véhicules et munitions. Ce document, très attendu depuis l’automne, sera présenté comme un point d’étape essentiel lors du sommet de l’OTAN à Ankara, où les dirigeants alliés évalueront les progrès réalisés dans l’atteinte des nouveaux objectifs de dépenses de l’alliance. Ce sommet constitue désormais l’échéance décisive qui donnera le ton sur les projets de réarmement britanniques et la crise politique qu’ils suscitent.