La guerre en Ukraine révèle une mutation profonde des technologies militaires où les systèmes sans pilote, alimentés par des batteries avancées et dotés d’intelligence artificielle embarquée, jouent un rôle décisif. Ces drones et véhicules électriques autonomes contribuent à une démocratisation inédite des capacités militaires, permettant à un pays modeste en ressources de résister à une invasion majeure.
Cependant, cette démocratisation repose paradoxalement sur une forte concentration industrielle. Les composants électrotechniques – batteries, moteurs, logiciels embarqués – sont essentiellement similaires à ceux des smartphones et véhicules électriques grand public. Cette électrotech est centrale à la fois dans l’industrie civile et militaire, donnant naissance à une base industrielle stratégique difficile à diversifier rapidement.
La Chine domine actuellement cette chaîne d’approvisionnement électrotechnique, notamment dans la fabrication de batteries, moteurs et composants électroniques, tirant parti de son leadership dans l’électronique grand public et les véhicules électriques. Ce monopole technologique est intégré à sa doctrine militaire, illustrée par le déploiement récent de nuées de drones autonomes capables d’attaques coordonnées et de capacités robustes dans les environnements brouillés.
Face à ce défi, les États-Unis tentent de renforcer leur propre base électrotechnique, avec d’importants financements pour accélérer la production de drones et le développement de batteries. Cependant, des contradictions politiques freinent ces efforts: les initiatives climatiques ayant soutenu la croissance industrielle électrotechnique ont été amoindries, réduisant la demande civile fondamentale qui justifie et sécurise la chaîne industrielle militaire.
De plus, l’intégration croissante de l’intelligence artificielle dans les systèmes de combat et cyberdéfense implique une consommation électrique massive. La capacité à fournir de l’électricité de manière sécurisée et abondante devient ainsi un enjeu stratégique majeur, exposant aussi les infrastructures énergétiques à des cyberattaques sophistiquées – une menace gambit en particulier dans le contexte des tensions avec la Chine.
Pour pallier ces vulnérabilités, une alliance inattendue entre défenseurs et défenseurs de l’environnement apparaît nécessaire. Le secteur de la défense dépend du développement industriel issu des technologies propres, alors que les enjeux géopolitiques soulignent l’urgence d’une électrification sûre et résiliente.
En conclusion, à l’intersection de la guerre, de la technologie et de la politique industrielle, la maîtrise de l’électrotech deviendra déterminante pour la supériorité militaire et la sécurité nationale des grandes puissances dans les années à venir.
