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Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que le cessez-le-feu avec l’Iran était « terminé », tout en laissant ouverte la possibilité de nouvelles négociations, après une reprise des combats déclenchée par des attaques iraniennes contre des navires dans le stratégique détroit d’Hormuz.

Cette voie maritime, essentielle au commerce international, demeure un point de tension majeur dans le conflit qui a débuté fin février avec d’importantes frappes américano-israéliennes contre l’Iran.

Téhéran revendique le contrôle de ce passage et a annoncé qu’il imposerait des frais pour son franchissement, menaçant de cibler les navires empruntant des routes non autorisées.

Ces derniers jours, l’armée iranienne a frappé au moins trois navires, provoquant une série de vastes représailles américaines mardi contre des cibles iraniennes, suivies par des attaques iraniennes en représailles dans des pays du Golfe.

« Pour moi, c’est terminé », a déclaré Donald Trump lors d’un sommet de l’OTAN en Turquie, interrogé sur la validité de la trêve.

« C’est une perte de temps de négocier avec eux », a-t-il ajouté. « Je laisse nos excellents négociateurs parler s’ils veulent, mais je ne le vois pas. Je n’aime pas ces gens. »

À la suite de ses propos, le prix du pétrole a immédiatement bondi de 5 %, après avoir déjà atteint son plus haut niveau depuis deux semaines.

Les États-Unis et l’Iran affirment avoir touché des dizaines de cibles, mettant à rude épreuve leur accord provisoire visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Les médias d’État iraniens ont rapporté une série d’explosions autour du détroit, notamment six sur l’île de Qeshm, sept dans la ville de Sirik et d’autres dans le port majeur de Bandar Abbas.

Plus tard, plusieurs détonations ont également touché la ville côtière de Bushehr, où se trouve la seule centrale nucléaire civile du pays, proche de l’île de Kharg, principal terminal pétrolier par lequel transite 90 % des exportations iraniennes de brut.

Les médias officiels ont annoncé la mort d’un membre des Gardiens de la Révolution (IRGC), tandis que le ministère des Affaires étrangères a indiqué que des sites de surveillance avaient été attaqués sur la côte sud.

Un climat de tensions exacerbées

Le Commandement Centcom américain a indiqué avoir frappé plus de 80 cibles, dont des systèmes de défense aérienne iraniens, des radars côtiers et 60 petites embarcations des Gardiens de la Révolution.

Ces frappes visaient « à réduire la capacité de l’Iran à poursuivre ses attaques contre le commerce international transitant par ce corridor maritime », selon la même source.

Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, a qualifié lors du sommet d’Ankara les frappes américaines d’« absolument nécessaires ».

La réponse de Téhéran a été rapide : les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir visé des dizaines d’installations militaires américaines au Koweït et à Bahreïn, où un journaliste de l’AFP a entendu des explosions.

Le Koweït a annoncé avoir intercepté deux missiles balistiques et treize drones, tandis que l’armée iranienne a affirmé avoir aussi attaqué les forces américaines basées à l’aéroport Sheikh Isa à Bahreïn.

Nawal Saad, fonctionnaire bahreïnie, a exprimé sa crainte grandissante en déclarant que « le spectre de la guerre plane à nouveau » et qu’elle ne souhaite pas revivre cette expérience d’angoisse et de peur.

Hamad Althunayyan, professeur adjoint à l’Université du Koweït, estime que Téhéran considère Bahreïn et le Koweït comme « les points de pression les plus accessibles et à moindre coût dans le Golfe ».

Selon lui, cela permet à l’Iran « de projeter sa puissance, d’imposer des coûts et de tester la résolution des États-Unis et du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ».

De son côté, Oman, situé de l’autre côté d’Hormuz, a condamné les attaques contre Bahreïn, le Koweït ainsi que celles contre les navires, sans toutefois incriminer l’Iran.

Le sultanat, ancien médiateur, n’a jamais attribué la responsabilité des attaques à Téhéran, afin de préserver sa neutralité, désormais mise à l’épreuve par les négociations en cours avec l’Iran sur la gestion du détroit.

Washington souhaite un libre passage des navires, tandis que l’Iran impose des frais et refuse l’accès des navires dans les eaux omanaises.

Les trois navires récemment attaqués naviguaient à proximité d’Oman, qui avait proposé un corridor de transit temporaire longeant sa côte.

Reprise fragile du trafic maritime

Le trafic maritime avait repris de manière prudente après la signature d’un accord le mois dernier entre Washington et Téhéran, mais l’Iran maintient qu’il n’y aura « aucun retour à une navigation libre ».

Arsenio Dominguez, directeur de l’Organisation maritime internationale (OMI), a déclaré mercredi que près de 6 000 marins « étaient toujours bloqués » dans la région.

Un expert interrogé par l’AFP a indiqué que le coût d’un retour à une guerre ouverte serait trop élevé pour les deux parties.

« Un tel scénario impliquerait des coûts économiques et militaires considérables. Je pense que la rhétorique de Trump est, comme d’habitude, hyperbolique, et ne signifie pas nécessairement que le protocole d’accord (MoU) est rompu », a déclaré Ali Vaez, directeur du projet Iran à l’International Crisis Group.

« Les deux parties tentent de négocier les détails du MoU en recourant à la force, car il laisse beaucoup de questions en suspens ou ambiguës », a-t-il ajouté.

« Lorsque l’Iran cherche à imposer son contrôle sur le détroit, peu importe qui le viole. C’est pour eux l’enjeu le plus important de ce conflit. Ils y ont versé du sang. Ils ne renonceront pas. »