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Une attaque massive menée dans la nuit par des missiles balistiques et hypersoniques russes a frappé Kiev, faisant 17 morts et 44 blessés. Parallèlement, un incendie a ravagé le centre logistique de Wildberries à Toula, au sud de Moscou, suite à un bombardement.

Le conflit en Ukraine demeure marqué par une guerre d’épuisement où aucun des deux camps ne parvient à obtenir de percées décisives. L’Ukraine conserve un avantage stratégique dans ses frappes visant l’économie de guerre russe, mais Moscou continue d’échanger de lourdes pertes humaines contre des terres et villages dévastés, bien que cette dynamique reste lente.

Plus de la moitié des soldats russes tombés sont des morts, soit un ratio de pertes environ dix fois supérieur à celui des forces ukrainiennes. Par ailleurs, la guerre des drones empêche toute offensive mécanisée d’envergure, malgré les tentatives russes. L’Ukraine mène des offensives limitées lorsque c’est possible, sans toutefois communiquer en temps réel sur ces actions, ce qui donne lieu à des bilans diffus.

Un point crucial demeure le manque de défense antimissile balistique pour l’Ukraine. Tandis que la Russie fait face à une pénurie de personnel et prévoit une mobilisation à l’automne, cette dernière ne devrait toutefois pas modifier fondamentalement la situation. Par ailleurs, une partie de la classe moyenne russe prépare déjà son exil.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé les retards dans la fourniture de systèmes anti-balistiques, rappelant que ceux-ci auraient pu empêcher la mort des victimes lors des frappes récentes sur Kiev. Il a aussi appelé les partenaires occidentaux à imposer des sanctions supplémentaires sur la production russe de missiles balistiques, qui reste en grande partie non sanctionnée.

La dernière attaque russe contre Kiev impliquait notamment 24 missiles balistiques Iskander, 4 missiles hypersoniques Tsirkon ou Oniks, ainsi que 115 drones, dont une part significative à propulsion réactive. Malgré l’abattage d’une majorité de drones, aucun des missiles balistiques n’a été intercepté, en l’absence de systèmes Patriot en service du côté ukrainien.

Les objectifs de cette attaque étaient principalement des entrepôts appartenant à des entreprises civiles, notamment une brasserie, des dépôts de matériaux de construction, et des infrastructures logistiques. Ces frappes, ne touchant pas directement des cibles militaires, semblent en partie une représaille russe à la destruction du centre logistique Wildberries à Toula, qui s’étendait sur 150 000 à 200 000 m² et a été quasiment anéanti par les bombardements.

Wildberries, principal fournisseur de matériel de guerre détenu par des intérêts russes, devait étendre ce centre à 300 000 m² et offrir 15 000 emplois. Suite à la destruction, l’entreprise envisage désormais d’implanter un nouveau centre logistique au Kazakhstan. L’incendie a mobilisé de nombreux secours, mais la partie principale de l’entrepôt a été entièrement détruite.

Du point de vue financier, Wildberries est lourdement endetté, avec plusieurs centaines de milliards de roubles de dettes, notamment auprès de la banque VTB. Le risque d’un défaut de paiement pourrait déstabiliser entièrement cette institution bancaire. Par ailleurs, les petits e-commerçants russes qui utilisaient ce centre doivent faire face à la perte de leurs stocks, ce qui impacte une multitude de petites entreprises.

Dans ce contexte, certains observateurs soulignent que le système bancaire russe pratique une forme d’évaluation « mark-to-hank », évitant d’acter la dépréciation des prêts non remboursables, notamment envers les industries militaires, ce qui cache une réalité financière bien plus fragile.

Outre ces événements, un incident suspect a eu lieu en Allemagne où une charge explosive a été trouvée près d’un avion ukrainien An-124 sur l’aéroport de Leipzig. Un autre appareil a dû effectuer un atterrissage d’urgence à Hanovre suite à une collision en vol.

Enfin, en Suède, un débat remanié a surgi à propos du positionnement politique face à la Russie, avec des propos controversés d’une députée d’extrême droite exprimant une préférence supposée pour une occupation russe plutôt que pour le gouvernement actuel.

Dans ce conflit qui entre dans son cinquième été, malgré les pertes lourdes et les combats acharnés, aucune des deux parties ne semble en mesure d’infliger un coup décisif à l’autre. La poursuite des soutiens occidentaux, notamment en matière de défense antimissile, apparaît décisive pour l’équilibre stratégique à venir.